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November 22 lundi à mayenceDernier jour avec Mag’, il nous fallait finir en beauté ce séjour sans accrocs, sans le moindre problème. Elle me propose d’aller à Mayence, ville qui est environ à 40 minutes en train de Francfort. Pour la petite histoire, Mayence est la capitale de région de la Rhénanie – Palatinat et la région Bourgogne a un fort partenariat avec elle. Par ailleurs, l’université de Dijon a un cursus intégré avec celle de Mayence. Je connais quelques personnes qui ont fait, ou font, cette formation et c’est donc un plaisir de voir la ville où ils ont fait une partie de leurs études. Le voyage en train est finalement assez court mais nous faisons une halte pré-déambulation pour prendre des forces et mettre au point une stratégie. Elle consiste à trouver l’office de tourisme. Nous ne les trouverons jamais. Heureusement, nous avons le guide Michelin et son mini plan. Mais, surtout, la ville de Mayence a mis en place un système de plaques de couleurs pour les noms de rues qui est fort utile. La plaque est bleue, vous marchez parallèlement au fleuve (là, c’est le Rhin ! Quatre jours en Allemagne et j’ai vu 3 fleuves différents...) ; si la plaque est rouge, vous continuez tout droit pour tomber dans le fleuve. Notre découverte de la ville se fait de façon aléatoire selon notre inspiration du moment. Nous nous extasions devant une vitrine de librairie mettant en valeur Jean-Marie Gustave (Le Clézio, bien entendu ! Là, je fais ma cultivée et ma littéraire, mais, en fait, je n’ai dû lire que 2 ou 3 bouquins de lui... peut-être que papa noël pourrait-il faire quelque chose ?). Nos pas nous conduisent ensuite à San Peter. L’intérieur est plus chargée que dans la cathédrale de Francfort. La voûte est couverte d’une fresque, les piliers sont peinturés en rose et soutiennent quelques stucs. Mag’ en est toute étonnée, moi, j’ai l’impression d’être en lieu connu (ou presque... il manque le marbre dans le pavement). On parcourt la ville en zig et en zag en faisant de nombreuses haltes dans des magasins de babioles pas chères. Finalement, on débouche sur la place de la cathédrale, et là, c’est le choc. Sous le ciel bleu, les façades se découpent et étalent leurs couleurs. En face de la cathédrale, elles tentent de rivaliser avec elle, mais celle-ci emporte tous les suffrages. Au centre de la place, se dresse une très belle fontaine, également peinte de diverses couleurs. L’intérieur de la cathédrale est beaucoup plus dépouillée que celle de San Peter mais comporte une crypte et un cloître, ainsi que des tombeaux. La cathédrale comporte de nombreux memento mori, typique de l’âge baroque, comme un squelette volant et aussi, ce qui nous surprend, des petits satyres sculptés sur un tombeau. Après la cathédrale, nous partons en recherche d’un resto. Nous en trouvons bien sympa. Les prix sont raisonnables, cela semble bon, donc ça nous va ! En plus, le serveur est très sympa, il nous fait un brin de causette (le charme français, que voulez-vous !) sans s’attarder trop longtemps vers nous. Malheureusement, il est un peu lent dans le service, mais sa bonne humeur le rattrape. Mag’ veut voir le Rhin avant d’aller au Musée Gutenberg (oui, Gutenberg est de Mayence, vous ne le saviez pas ? Moi, non plus), et bien entendu, c’est un musée de l’imprimerie. Nous faisons donc une promenade digestive le long de la rive puis, direction le musée... qui est fermé ! Ben oui, c’est lundi ! Musée fermé le lundi ! Il nous fallait bien une petite fausse note dans notre parcours trop parfait. Et une vraie raison touristique pour revenir. Nous décidons de nous rabattre sur la visite de la citadelle. En chemin, nous nous arrêtons pour regarder une tour et un vieux monsieur nous prenant pour ce que nous sommes, des touristes, nous explique en allemand ce qu’est cette construction. Enfin, il explique surtout à Mag’ qui m’avouera, par la suite, n’avoir pas tout compris car le monsieur avait un fort accent. La tour est une ancienne prison de la ville comme on peut le voir aux barreaux protégeant les fenêtres. Nous continuons notre expédition et mettons un peu de temps à trouver le chemin qui mène à la citadelle car tout le quartier est en travaux. En plus, notre peine est bien vaine puisque la citadelle a été transformée en bureaux administratifs et mise à part un musée de l’armée et un autre des traditions populaires, rien ne s’y visite. De toute façon, comme c’est lundi, ces deux lieux sont fermés. Nous faisons un tour et admirons la belle vue que nous avons sur Mayence. Nous redescendons, ensuite, vers la ville pour nous offrir un dernier café avant de reprendre le train pour Francfort. De retour dans la capitale de la finance, on fait quelques courses puis, on rentre se faire une soirée mémère. Au programme, le film « La fille coupée en deux » tout en sirotant un thé bien chaud. Très bonne soirée, surtout en ce qui concerne la réussite du thé.
Mardi matin (18.11) Le train part à 6h de Francfort. Je change à Forbach et à Metz, et un peu avant 15h, je suis à Dijon. Francfort – Dijon, 9h... et dire que c’est le temps que Mag’ mettra pour faire Francfort – New – York au moment de noël... P.S : les jolies photos, ce sont celles de Mag' (attention, je dis pas "jolies" parce que je suis dessus, mais juste "jolie" parce qu'elle a un meilleur appareil photo que moi et qu'en plus, elle a un très bon oeil photographico-artistico-je sais pas quoi. Bref, elle fait de très belles photos)
November 21 dimanche romantiqueRomantiques de tous pays, nous marchons dignement sur vos pas ! Romantiques de tous les arts, nous suivons vos passions ! Dimanche, nous voilà en route pour Heidelberg. Cette ville est à une bonne heure et demi de Francfort en train. Le départ est tôt, et j’en connais une qui somnole mais heureusement, la jeune fille est bien élevée et ne ronfle pas, ni ne s’écroule sur mon épaule. Arrivée à la gare, nous nous octroyons un petit remontant avant de partir à la découverte d’Heidelberg. Guide Michelin à la main, nous nous dirigeons vers les bords du Neckar que nous longeons avant d’entrer dans le quartier historique. Le centre est construit en contre bas du château. Par ailleurs, ce château n’a jamais rien eu de royal ou de princier. C’était en fait la résidence du comte palatin, qui était un des sept princes-électeurs du Saint Empire romain germanique. Ça en jette comme titre, quand même ! Mais, nous reparlerons du château un peu plus tard. Il est là, on le voit, on le sait, alors, promenons nous dans les rues du centre. Le centre ville est entièrement piéton ou presque et comporte des petites rues bien sympas. On profite du beau temps pour déambuler dans la ville et arpenter ses rues. Vers midi, nous nous trouvons une gargotte à l’air allemand du coin. Le resto n’est pas très grand mais il y fait bien chaud et tout y est bien tranquille. Mag’ craque pour un rôti de porc sauce forestière (bon, elle s’attendait à du sanglier, mais elle avait mal compris le menu) et moi, je me prends un « maultaschen » dont la traduction ne nous a toujours pas été fournie. Cela ressemble à une part de lasagne bien compacte avec un peu de saumon dessus. D’après le dico de Mag’, j’aurais mangé « la gueule (maul) de la poche (taschen) ». Original. Et bon. Après notre repas, direction le château. Ô romantiques, nous voilà ; nous marchons sur vos pas et je peux vous dire que l’escalier est raide ! Nous grimpons à votre suite, à votre découverte. Heildeberg est célèbre pour avoir inspiré des écrivains romantiques dont notre national Victor Hugo (on le retrouve partout) et leur national Goethe (on le retrouve partout aussi). Pourquoi cet intérêt tout particulier pour ce château ? Si vous êtes patients et que vous lisez le paragraphe suivant vous le saurez (mais si mes discours vous ennuient, on peut se séparer ici, en haut des marches, et on se retrouvera plus tard). Alors, pour la grande histoire qui a fait la petite... Le château d’Heidelberg fut construit au 15ème sicle mais malheureusement, pour lui, l’armée française vînt lui rendre visite 2 siècles plus tard et le bombarda copieusement. Le château subit de gros dégâts et ne fut jamais reconstruit. On peut donc y voir des trous béants dans les façades qui étalent la nudité des pièces. Plusieurs façades sont même complètement effondrées et certaines tours ont perdu de leurs défenses, comme la tour fendue dans laquelle Hugo voyait une tête de mort. Cependant, le château n’est pas qu’une ruine ! Dans la cour du château, on peut voir de très jolies façades et même entrer dans plusieurs bâtiments. Dans l’un d’eux, se trouve d’ailleurs un très très gros tonneau puisqu’il peut contenir 200 000 litres de vin. Il n’aurait été rempli entièrement qu’à trois reprises. A cette époque, les paysans payaient aussi leurs impôts en vin... le tonneau servait donc à la récolte de ces impôts qui devaient produire une piquette bien peu agréable à boire. La visite est en tout cas très agréable à faire. Le château est marqué par plusieurs légendes. L’une d’elles raconte que le château appartiendrait à celui qui réussirait à casser avec ses dents l’anneau de la porte d’entrée. Beaucoup ont essayé, et les dentistes ont fait fortune. Cependant, une sorcière a réussit à y laisser une marque profonde d’un centimètre qui est toujours visible. On raconte aussi que lors de la construction se produisit un phénomène particulier. Le maître d’oeuvre avait deux fils, des jumeaux. Ceux-ci accompagnaient souvent leur père sur le chantier, ils montaient sur les échafaudages, participaient aux travaux. Malheureusement, un jour, l’un tomba entraînant l’autre dans sa chute. Le père fut inconsolable. Il ne parvenait plus à travailler et la construction n’avançait plus. Il devait notamment faire la clé de la voûte de la porte d’un bâtiment et il n’y arrivait pas. Un soir, il alla prier sur la tombe de ses fils et y déposa une couronne de roses blanches. La même nuit, ses deux fils lui apparurent en rêve et lui demandèrent de terminer la construction. A son réveil, il trouva sur son lit une couronne de roses rouges. L’inspiration revînt au constructeur et il termina la clé de voûte où il fit sculpter deux anges tenant une couronne de fleurs et un compas. En somme, les vides creusés dans les murs du château se comblent par anecdotes et histoires et les fissures se font alors romantiques, au sens hugolien. Nous avons le bonheur de visiter le château en un après-midi froid et humide de novembre, il ne manque qu’un peu de brume et on pourrait croire que Victor et Goethe vont nous apparaître au coin du jardin. Nous quittons à regret ce lieu de souvenirs littéraires et redescendons vers la ville puis vers la gare où nous reprenons le train en direction de Francfort. Encore une bonne journée et nous sommes ravies de rentrer, les yeux émerveillés, l’esprit ragaillardis et les mollets un peu fatigués. Une bonne soupe suivie d’un bon dodo, tout un programme !
samedi francfortois (15.11)Le samedi, surtout on ne faiblit pas, on maintient le cap de la bonne humeur et du papotage qui donne soif ! Le petit déj’ s’éternise un peu, et ce n’est qu’en fin de matinée que nous partons à la découverte du quartier où vit Mag’. C’est un endroit qui a mauvaise réputation chez les Francfortois car il est éloigné du centre et est un quartier assez populaire. Pourtant, Mag’ est convaincue du contraire et elle n’a guère de mal à me rallier à son opinion. Nous nous faisons d’abord le marché du samedi où nous achetons de quoi survivre pour le week-end. Dans les halles du marché, les charcuteries allemandes trônent dans les étals mais leurs airs de cervelas et de viande hachée et reconstituée ne nous donnent guère envie de nous laisser tenter. Le comble, c’est qu’il n’y a quasiment pas de fromages ! Mon dieu ! Comme je plains Mag’, vivre dans un pays où le mot fromage signifie edam et gouda... A la rigueur, on peut trouver un camenbert ou un brie, mais c’est bien connu que l’exportation ne leur réussit guère et en général, leur fabrication est adaptée au goût du pays concerné. On trouve quand même un fromage à pâte cuit à l’air sympa et herbé, on se prend aussi un bon vieux fromage français qui pue un peu... Après les courses, on fait un tour dans le coeur historique du quartier. En effet, l’endroit est très joli avec ses façades de maisons toutes colorées. Malheureusement, l’automne a défeuillé les vignes vierges qui grimpent le long des murs. Pour le retour, nous longeons le Main ; quelques péniches sont encore stationnées, peut-être sont-elles là à l’année ? De retour à la maison, je nous prépare une chouette omelette aux champignons avec une tite salade verte. En début d’aprèm, on part pour le centre. Là, l’expo sur Peter Doig (peintre d’origine écossaise, même pas mort encore !) nous attend au Schirn Kunsthalle. Je ne connaissais pas l’artiste et Mag’ n’en avait vu que quelques toiles sur le net. Nous ne sommes pas du tout déçues. Ces toiles de paysages sont très impressionnantes. L’hiver y brille de mille couleurs qui s’éclatent en mille pointillés, en mille gouttes de peinture sur la toile tandis que la nuit devient phosphorescente et éclaire l’obscurité de vert pomme. La dernière période de l’artiste nous plaît beaucoup moins, nous sommes beaucoup moins sensibles à ses portraits et nous préférons contempler les paysages gigantesques du nord-canadien ou des tropiques. A la sortie du musée, nous nous payons une petite part d’art religieux. Moi qui ai fréquenté des églises romaines, c’est un choc ! Où sont les pavements cosmatesques ? Et les plafonds à caissons ? Et les statues, les fresques, ils les ont vendues ? En somme, l’intérieur est beaucoup plus dépouillé que dans mes care chiese romane. Ici, le plafond laisse voire ses arcs de couleur rose sur le fond blanc de la voûte. Ici, le sol est simple et gris. Il y a peu de décorations. Par contre, les bonnes soeurs sont aussi hargneuses en Italie. On se fait foutre dehors par l’une d’entre elles parce qu’elle doit passer le balai. Même pas gentille, la nonne ! C’est avec fermeté qu’elle nous dirige vers la porte ! Si ce n’était pas la maison de Dieu, je crois que je me laisserais tenter par le blasphème. Pour nous remettre de ces émotions, peu religieuses, nous allons boire un coup dans un bar où nous devons retrouver Tina. Mag’ fait un tandem avec elle, la première pour améliorer son excellent allemand, la seconde pour dérouiller son français qui n’est pas si mal que ça... Bref, c’est encore du papotage et c’est chouette ! Tina se débrouille très bien en français, elle manque juste un peu de confiance en elle et ce sera tout bon. On lui propose de se joindre à nous pour la soirée, mais elle préfère décliner. Pourtant, avec Mag’, on s’est concoctées une soirée mémère à faire baver toutes les filles seules qui bouffent de la glace en regardant Friends. Nous, c’est une super soupe et un film italien (Buongiorno Notte) qui traite de l’enlèvement d’Aldo Moro à la fin des années 70. Pour bien se la jouer mémères assumées, on se regarde le film en pyjama et tasses de thé (avec gâteaux !) à la main ! La grande classe ! Non ? Bon, selon moi, il manquait les grosses chaussettes et la crème sur les pieds secs, mais il faut savoir faire le deuil de certaines chose et ne pas être trop exigeants, parfois.
Francfort, la douce, la lointaine (13 et 14 novembre)Mag’, j’arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive. Mais lentement. Entre le moment où j’ai bisouillé mon papa sur le quai de la gare et le moment où j’ai vu la tête chapeauté de Mag’ à la gare de Francfort, il s’est passé pas loin de sept heures et 2 étapes ferroviaires. Francfort, ça se mérite. On fait d’abord Dijon – Metz en 3 heures, et pourtant c’est un TGV. Puis, en TER, on fait Metz – Forbach. Là, on est encore sur le plancher des vaches françaises, donc, ça va... tout est écrit en français, langue que je comprends. A Forbach, on monte dans l’ICE (Inter City Express, les Allemands n’ont pas notre TGV, tant pis pour eux et pour nous, trop cons pour réussir à le vendre). C’est le Paris – Francfort et là, les choses ont commencé à se gâter. Les gens parlaient une langue que je ne comprenais pas. Paraît que c’est de l’allemand. Mon dieu ! Vivement que je retrouve ma traductrice ! A 22h58, sans retard et
sans avance non plus, me voilà à Francfort. Et tout au bout du quai
: Mag’ avec son chapeau ! Hopopope, on prend le métro qui
ressemble à un RER et une dizaine de minutes plus tard, nous voilà,
à la gare de Höchst. C’est un quartier populaire au sud ouest de
la ville, presque en périphérie. Une fois à la gare, on a encore
une dizaine de minutes à pied avant d’arriver dans le studio de
Mag’. On pourrait croire qu’on est fatiguées, mais un thé et
des petits gâteaux ressusciteraient un mort. On papote, on bavarde,
on discute, on échange, on partage jusqu’à une heure avancée de
la nuit. Puis, dodo, Mag’ travaille vendredi matin, un peu de
sérieux les enfants ! Vendredi 14 novembre Mag’ travaille le matin. Le réveil n’est pas si dur que ça malgré le peu d’heures de sommeil que nous avons derrière nous. On prend le petit déj’ ensemble. Mag’ a acheté des petits pains au sésame, aux graines de courges, et autres variétés. Ils sont tous super bons. Après la douche, Mag’ s’en va et je reste tranquillou à la maison. Je bouquine un peu, j’écris un peu puis en fin de matinée, je décide de partir à la découverte de Frankfurt am Main. Mag’ m’a laissé toutes les instructions de survie (comment prendre un ticket, où aller, où se retrouver...) et aussi un plan. Je prends donc un ticket à la journée (un peu cher, je trouve : 5 euros 60 !!) et je vais jusqu’à la gare centrale. Visiblement, les Allemands sont des gens très respectueux, il n’y a même pas un tourniquet pour composter ! Wahou ! Cela dit, au début de mon séjour romain, il n’y avait pas non plus de portique mais les services métropolitains ont eu des doutes sur la bonne foi de leurs usagers et ont investi dans des tourniquets. Arrivée à la gare centrale, le choc ! Il y a des gratte-ciels tout partout : à gauche, à droite, devant, derrière. Partout. Ça ressemble un peu à ce que je m’imagine d’une ville américaine, et pourtant, là, c’est Francfort, la capitale de la saucisse ! Bon, ne nous laissons pas abattre par l’émotion et sortons le plan. Je me dirige alorss vers la rive des musées. Francfort est traversée par un fleuve, le Main, et la municipalité a situé la majorité de ses musées sur la rive gauche du fleuve. Il y a des musées pour tous les goûts : art moderne, film, photo et autres trucs qui n’intéressent pas un grand public mais qui ravissent les spécialistes. Moi, j’opte pour la solution balade le long de la rive, d’autant que les rives sont aménagés en espace de promenade. Il y a des pistes bétonnées pour que les sportifs se fassent des cuisses en bétons, des endroits verts pour que les enfants jouent au foot, des bancs pour que les amoureux se bécotent. Le fleuve est traversé par plusieurs ponts et je m’amuse à slalomer entre eux. Puis, je quitte les rives et je me dirige vers notre point de rendez-vous avec mon guide-interprète-traductrice officielle. Le chemin se fait en zig zag et je me perds un peu, heureusement, le plan de ville me sauve ! Je dois retrouver Mag’ à Willy Brandt Plaz. C’est sur cette place que se trouve la banque centrale européenne. Comme j’ai un peu d’avance, je m’assois sur un banc au soleil, devant le gros symbole de l’Euro tout bleu comme le ciel. Mag’ arrive un peu après et elle m’emmène dans un bistrot typiquement allemand « Am Liebfrauenberg ». Là, elle doit s’amuser à me traduire le menu, histoire que je comprenne un peu ce que je vais manger. Elle craque pour des foies de veau (nous n’avons pas les mêmes valeurs) et moi pour du poulet. Mag’ a quelques difficultés à traduire les noms d’aliments, ce que je comprends tout à fait. Perso, je suis toujours incapable de traduire intégralement un menu en italien. Le café où nous déjeunons est cosy et très tranquille. Comme c’est la fin du service, on nous offre un bol de soupe aux crevettes et aux poireaux qui est vraiment super bon. Le repas se passe très bien, on papote, on discute, on se marre, on ne change pas une équipe qui gagne quoi ! Après le café, Mag’ me promène un peu dans le centre. Francfort a été très touchée pendant la seconde guerre mondiale (là, c’est un euphémisme pour dire qu’elle a été rasée par les bombardements). Une partie du centre historique a été reconstruit, notamment la Romerberg platz où on peut admirer des façades ressemblant à celles du début du 20ème, d’avant cette saloperie de guerre. Là, on se dit que la ville devait être jolie avec ses façades peintes qui se découpent joliment dans le ciel, avec ses boutiques aux petits carreaux, et sa grande place sur laquelle devaient se tenir des marchés tout autour de la fontaine. Je me dit aussi que les Buddenbrooks (cf. oeuvre magistrale de Thomas Mann sur une famille de commerçants de Lubeck qui, après s’être hissée au sommet de la gloire et de la fortune, va connaître la déchéance ; l’histoire s’étale sur une grande partie du 19ème) ont dû évoluer entre de telles maisons, y vivre et y mourir. Pour continuer avec un peu de littérature, Mag’ m’emmène à la maison de Goethe (oui, le grand Goethe est né à Francfort) pour voir une expo sur les Lettres. Non pas les lettres de l’alphabet mais les lettres qu’on envoie, qu’on reçoit, qu’on écrit à d’autres. Les lettres où on s’écrit pour un autre, les lettres qu’on envoie comme des bouteilles à la mer en espérant une réponse. Mag’ est une mordue de la correspondance, tout comme moi, et l’expo nous était donc destinée. Malheureusement, elle est tout en allemand, sauf quelques lettres qui sont en anglais. Mag’ ne peut pas tout me traduire mais l’expo est vraiment très chouette. Il y a beaucoup de lettres exposées (dont une en rouleau qui fait une 50aine de mètres. Je cherche d’ailleurs à me fournir en papier de ce genre. Merci de vos contributions) et aussi des enveloppes décorées (et ça m’a donné plein d’idées !). Nous sortons toutes les deux ravies de cette petite expo. Ensuite, direction la maison et on se paye le luxe de la lenteur du tram. On fait un petit arrêt au supermarché pour faire quelques courses. De retour chez Mag’, elle prépare à manger et pendant que les patates et les carottes mijotent, on se lance dans notre correspondance à deux mains. Cela nous occupe un bon bout de temps, tout en papotant. On est quand même un peu fatiguées par notre journée et après le dîner, nous n’avons guère le courage de faire du rab’. Bonne nuit et à demain !
October 28 guichetièreJe le sais bien, vous vous lamentiez que je n’ai pas fait carrière dans la caissière. Je le sais bien que mes billets sur la déroute de mes contemporains de consommateurs vous manquaient. Alors, voilà, pour vous, je reprends du service dans la vente. Cette fois, je serais guichetière à la Foire Internationale et Gastronomique de Dijon (et si vous trouvez ça ridicule, sachez que c’est en moyenne 200 000 entrées par an et tout ça en une dizaine de jours). Je vais vendre des tickets plein tarif, réduits, jeune, étranger (n’y voyez pas une quelconque ségrégation, l’étranger est celui qui a un passeport étranger et une adresse à l’étranger. La foire est internationale et doit donc justifier un certain nombres de visiteurs étrangers), et autres catgégories. Il y a au moins 7 couleurs de tickets différentes. On va rigoler. Enfin, je vais me marrer. Je vais avoir des grincheux, des radins, des vieux grincheux, des râleurs, des grognons, des vieux mal réveillées, des emmerdeurs du dimanche, des attendrissants qui en veulent à ma pitié inexistante, des mioches non accompagnés (dans ce cas, petit, tu ne rentres pas), des petits cons sans le sous,... et que sais-je encore ! C’est ma deuxième expérience dans le métier. La première fois, c’était il y a trois ans. Hé bien, en trois ans, ils n’ont guère renouvelé le personnel. Ils ne souviennent pas de ma tête mais moi, je me rappelle de la leur. En trois ans, ils n’ont pas non plus investi. C’est au guichetier d’apporter sa calculette, son bordel pour ranger les billets, les coupons d’invitation et autres morceaux de papelards volants. Ils s’en foutent des erreurs de caisse... S’il y en a, c’est le fond de votre poche qui les comblera. Cependant, on vous fournit le monnayeur, sympa, non ? Je vais pouvoir étaler mes pièces joliment devant moi. La grande classe.... Allez, par ici, la monnaie.
P.S : j’attaque vendredi.
October 03 les we dans la campagne bourguignonneLes dimanches à la campagne (21 et 28 septembre)
C’est reposant un we en Province, on vit à son rythme, on est pépère... 21 septembre, journée européenne du patrimoine et aussi élections sénatoriales. Maman a été désignée à l’unanimité pour se lever ce dimanche-là, perdre toute sa journée pour voter pour les sénatoriales. Lourde responsabilité à laquelle elle ne peut se soustraire sous peine d’amendes. Donc, papa et moi avons quartier libre ! Le matin, nous posons maman à la Cité judiciaire puis nous abandonnons l’automobile sur une place de stationnement et nous nous jetons sur les sentiers pavés de Dijon. On débute par les archives municipales. Elles sont situées dans l’ancien hôtel particulier du chancelier Rolin, construit au milieu du 15ème siècle. Ce qui étonne au premier abord quand on passe le porche d’entrée, c’est la présence d’un passage pavé à l’intérieur. En effet, la rue traversait le logement du chancelier, pas de chance pour lui mais cela dit, la rue était là avant l’hôtel. Cependant, la traversée des piétons et des chevaux incommodèrent tellement les héritiers qu’ils préférèrent vendre l’édifice. Ils n’avaient pas la possibilité d’interdire ce droit de passage et ont donc préféré se défaire de l’hôtel. Pour ceux qui connaissent un peu cette belle région qu’est la Bourgogne, c’est celui qui a épousé la Guigogne de Salins. Ensemble, ils ont entrepris la construction des Hospices de Beaune. Revenons à nos archives départementales. Le bâtiment a cette mission d’archiver tout le bordel qui a à archiver depuis 1832. Auparavant, je ne sais pas où on mettait les archives mais quoiqu’il en soit, les archives ont été mises en place à la révolution française. En effet, le nouveau régime détruit un grand nombre d’institutions et celles-ci devaient transmettre leurs papiers aux archives, notamment le clergé qui avait la charge de déclarer les baptêmes, les mariages et les décès, ce qui permettaient de recenser la population. Après la révolution, à bas le clergé et vive l’état civil. On note les naissances, les unions et les morts. Au 1er étage, il y a deux très belles salles, avec parquets et plafonds à caissons en bois. Nous participons ensuite à une visite guidée avec une dame des Archives. Non, elle n’est pas vieille comme les papiers qui y sont conservées mais à travailler dans le silence, elle y a acquis un rythme de lenteur qu’un escargot (de Bourgogne) pourrait battre. La dame est piquée de précisions qui rallongent son discours. Elle explique tout étape par étape et ne connaît pas le concept du résumé. Pour parvenir à nous faire comprendre le point D, elle passe par A (longuement) puis par B (longuement aussi), enfin C se pointe et dure longtemps et à la fin, voilà le propos central qui arrive. Cependant, la visite est enrichissante et intéressante. On se promène parmi les rayonnages et certains touristes du dimanche, n’est-ce pas le petit papy au béret ?, sont suffisamment crétins pour coller leurs gros doigts sur des rouleaux du 16ème siècle ! Faut-il être con ! Après la longue visite des archives, nous visitons l’expo temporaire qui est située au rez de chaussée du bâtiment. Elle porte sur « Justice et justiciable » et présente des documents et des actes de justice du moyen-âge au 18ème siècle. Certaines sentences étaient lourdes. Un homme était condamné à être étranglé, son corps brûlé et jeté en fosse commune, et à payer une forte amende. On s’est demandé s’il payait avant ou après le bûcher... Nous sortons des Archives et nous nous dirigeons vers le centre ville. Au passage, nous rentrons dans la cour de l’hôtel de Voguë, son toit de tuiles vernissées est toujours aussi beau et resplendissant d’autant que le ciel est bleu et pur. C’est un hôtel particulier du 17ème dans lequel nous pouvons visiter deux pièces dont la salle des Gardes où en impose la cheminée gigantesque. Le plafond est magnifiquement décoré et surchargé, au sol, on peut voir des restes de couleurs et de blasons sur les tomettes. Normalement, on peut aussi visiter les cuisines mais nous ne sommes pas parvenus à les trouver. Comme il est midi, nous mangeons un bout dans un Flunch, quel grand luxe ! Puis, nous partons vers le musée des beaux arts. Là, on se rend compte que l’on peut grimper à la tour Philippe le Bel. On se tape la volée de 300 marches en petites foulées bondissantes et tournantes. Ah, ces escaliers en colimaçon, ils semblent ne jamais finir. Arrivés au dessus, on peut contempler, face au vent, notre belle cité des ducs. Papa et moi, nous nous amusons à reconnaître les bâtiments à leurs toitures, et de là-haut, on voit bien le caractère médiéval de la ville. Dans le centre surtout, les rues sont tordues, les édifices se mélangent les uns aux autres. Que de dômes ! Que de toitures colorées ! Que de vent ! On est à la hauteur du Jacquemart et de sa petite famille, on surplombe Notre-Dame, la belle. Au loin, c’est Saint-Bénigne et sa grande flèche verte qui pointe le ciel avec fierté. Et le grand bâtiment noir là-bas ? C’est la bibliothèque d’études, on y va après. Et le gros clocher vert ? C’est l’église de l’ancien couvent des Bernardines, maintenant, c’est le musée d’art sacré. Il faut bien ensuite redescendre au niveau du pavé de la cour d’honneur du palais des ducs et des états de Bourgogne. Nous en profitons alors pour entrer dans les cuisines ducales où est installée une expo sur la restauration en cours du musée des beaux-arts. En 2012, on aura un musée tout beau, tout neuf, et tout restauré. Là, ils ont attaqué la restauration d’une des galeries et en faisant tomber les verrières et les faux plafonds du 19ème, ils ont vu apparaître la voûte lambrissée du 17ème. Cette dernière sera remise en état et la galerie retrouvera sa forme, ou du moins s’y rapprochera, originelle. Ne vous inquiétez pas, le musée ne ferme pas pendant 4 ans ! Vous pouvez toujours contempler les superbes tombeaux des ducs de Bourgogne ! Ils sont toujours là et ce n’est pas demain la veille qu’on les bougera de place. Par contre, le musée est un vrai labyrinthe et pour visiter l’expo sur le coutelier d’art Jean-Noël Buatois, il faut monter au 1er étage puis redescendre au rez-de-chaussée. Toutes les pièces ne communiquent pas entre elles mais mon papa s’est proposé pour percer un trou avec Fab. L’expo est petite mais assez sympa. Il y a la fois des armes et des armures du moyen-âge et des plus récentes et des créations de ce Jean-Noël. C’est dommage qu’il y ait peu de lumières dans la salle, soit-disant pour protéger les armures... Nous sortons du musée pour nous rendre à la bibliothèque d’étude. Elle est située sur l’ancien collège des Jésuites et la salle de lecture est, en fait, l’ancienne église. Dans cette salle, certains membres du personnels y ont présenté leurs coups de coeur tirés des collections de la bibliothèque. Ils se sont mis en scène avec leur ouvrage, qu’ils présentent, commentent. On peut y voir une bible de Saint -Bénigne du 12ème siècle, une « notice historique sur l’instruction des jeunes aveugles » qui n’est pas en braille (l’ouvrage date de 1821) mais les lettres sont en reliefs. Il y a aussi des menus de prisonniers de guerre en Allemagne, un exemplaire de l’Histoire Naturelle de Buffon, des notes de séance de spiritisme... Le choix est vaste et montre la diversité des ouvrages conservés à la bibliothèque. Ensuite, toujours à la bibliothèque, nous suivons une visite guidée de la salle Boullemier. Elle est au 1er étage du bâtiment et c’est un magasin de livres. Présenté comme cela, elle n’a rien d’exceptionnel et pourtant... la salle date du 17ème et au 18ème, elle devient bibliothèque publique. Charles Boullemier est chargé de réunir les collections des Jésuites et des bibliothèques scolaires publiques, dont fait partir le fond Fevret. Celui-ci a eu la bonté de léguer sa bibliothèque, à condition qu’elle soit accessible à tous, ce qui est fait après sa mort en 1708. La salle est entièrement couverte de livres, du sol au plafond. Tous sont du 17ème ou antérieurs et sont rangés selon leur taille et leur volume. Les petits avec les petits et les gros avec les gros pour ne pas écraser les petits. La salle est vraiment très belle. Le bois brille, les rangées de livres laissent rêveurs, les escabeaux sont tous petits et pas aux normes du tout. La salle est ouverte pour la première fois depuis 20 ans. En effet, en 1987, une poutre maîtresse s’effondre. S’ensuit alors des années de restauration, avec des hauts et des bas, selon les politiques et les finances. Aujourd’hui, la salle est de nouveau accessible au public mais uniquement à de rares occasions. Pendant notre visite, la conférencière en profite pour nous présenter un livre rare. Il fut tiré à mille exemplaires dans le 1er quart du 19ème avec gravures en noir et blanc ou en couleurs. Il contient les comptes rendus et les notes pris par les scientifiques qui accompagnaient Bonaparte lors de l’expédition d’Egypte. L’ouvrage est de très belle qualité, d’une taille impressionnante (environ 60 cm de haut sur 40 de large, mais je ne suis pas très douée sur les tailles), avec de grandes marges blanches. Il fut imprimé à perte puisqu’au exemplaire ne fut vendu. Ils furent donnés aux scientifiques qui avaient contribué et aux bibliothèques publiques. Ah, on savait dépenser le fric de l’Etat en culture à cette époque ! Nous quittons à regret la salle Boullemier, nous descendons au rez-de-chaussée et traversons la cour pour entrer à l’Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon. Rien que le nom, ça pète. On a le droit à un petit historique de l’institution qui a été fondée au 18ème siècle et qui, aujourd’hui, compte une cinquantaine de membres. Le premier qui pense que cette académie est un cercle de débats pour pseudo-intellectuels en mal de culture (parce que la province, c’est mort et morne) se trompe allègrement. C’est sûr qu’ils ont probablement moins de public dans la salle que dans les académies parisiennes mais ils proposent presque 3 conférences par semaine sur des sujets variés, selon les commissions qui interviennent. Et je me permets de vous rappeler à votre mémoire que Jean-Jacques (oui, Rousseau pas Goldman) y a gagné un prix pour l’un de ses discours en 1750. Oui, messieurs dames ! C’était pour le Discours sur les sciences et les arts... Hé, hé, y a pas que la moutarde à Dijon ! Trèves de plaisanteries académiques ! En sortant, 22, v’là les flics, euh, non le facteur, enfin, l’ancien facteur, le Casimir. Il a pris sa retraite il y a quelques années. Papa taille un bout de causette avec lui et sa femme qui s’extasie de ne pas me reconnaître, oh, c’est ta fille ? Non ! Si, si ! Je l’aurais pas reconnue, comme elle a grandi ! Moi aussi, madame, je ne vous aurais pas reconnue mais je ne vous le dis pas... Ils partent d’un côté et nous du notre... mais notre côté est un peu bref car, finalement, maman a fini de remplir ses obligations civiques. Elle a voté pour le deuxième tour et donc, on la rejoint pour rentrer tous ensemble à la casa Couturier.
Bref, un bon dimanche, bien sympa. Je ne me suis même pas disputée avec papa, il m’a docilement suivie partout, sans broncher et même semblait bien content.
Dimanche 28 septembre... Papa et moi, randonneurs du dimanche
9h00. Les chaussures sont solidement attachées aux pieds. Le sac à dos a été rempli de gâteaux pour la pause de 10h, d’un petit thermos de café pour se réchauffer à la pause, d’une bouteille d’eau pour étancher la soif et combattre les courbatures et de morceaux de sucres pour éviter l’hypoglycémie de 11h. On est prêt, une, deux, on est partis faire « nos » roches. Le parcours permet de longer le versant ouest (mes roches) au-dessus du chemin de rabot puis on descend une combe et on repart en face sur le versant est (ses roches) pour finir au niveau de la réserve de mini pins qui deviendront grands un jour prochain (mais pas tout de suite). Il y en a à peu près pour 2h30 de ballades. Evidemment, présenté ainsi, on pourrait penser que le chemin est clairement défini et tracé. Ce n’est pas tout à fait le cas. Au départ, déjà, il fait un peu frais et on part avec pull et parka. Sauf que pour faire mes roches, il faut commencer par une petite montée qui monte très raide sur les 500 premiers mètres puis un peu moins fort pour finir par un joli coup de raideur sur les 400 derniers mètres. C’est dur, mais on passe au milieu des hêtres dont le feuillage jaunit et perd son vert. Tout en haut, on arrive dans le domaine des chênes qui ont déjà abandonnée leurs feuilles et laissent voir la nudité de leurs branches. Une fois en haut, vous prenez à gauche le sentier non balisé mais qui est clairement indiqué au sol. Vous le suivez jusqu’au bord du trou et là, vous prenez à droite. Ce sont mes roches. Le sentier longe le bord et il s’agit de faire attention. Si vous avez le vertige, vaut mieux ne pas passer par là. Le seul problème sur mon chemin, c’est qu’il y a beaucoup de branchages, d’arbustes qui gênent la progression mais avec papa, nous avons décidé d’y remédier et la prochaine fois, on emmène la serpe. Au croisement avec le GR, on rencontre un couple de vrais randonneurs (avec du vrai équipement : short, chien et sac à dos de compétition). On bavarde un peu, ils ont l’air de bien connaître la région et viennent souvent se balader par chez-nous. Ils nous laissent passer devant et on continue vaille que vaille notre promenade. Avec papa, on décide aussi que la prochaine fois, on emmène la tronçonneuse thermique parce que la serpe va avoir du mal à couper les troncs... Ensuite, c’est la combe, on descend, on remonte, on prend à gauche (vous suivez ?), on passe à côté du souillard (c’est un creux boueux où les sangliers viennent prendre des bains pour avoir le poil doux), on tourne à gauche, on traverse la combe, on retrouve le chemin de Rabot. Au premier croisement, c’est à droite et un peu plus loin à gauche. Si certains se sont perdus en route, merci de ne pas bouger, une équipe de secours viendra vous récupérer. Là, on tombe sur du beau chemin et en plus, il est bordé de cornouillers qui sont couverts de cornouilles. Ces fruits ressemblent à des cerises mais les trois quarts du fruit sont occupés par un noyau. On décide avec papa d’emmener un escabeau la prochaine fois pour pouvoir les cueillir. De toute façon, là, elles étaient pas mures. Faudra qu’on y retourne. On marche, on marche, on marche et on se dit que la prochaine fois, faudrait prendre aussi une pelle pour ramasser des fraisiers des bois. On marche, on marche, on marche... On va sur une roche, on va sur une autre. Mon père me soutient mordicus qu’il y a un chemin, moi, je râle qu’il n’y en a pas et qu’on fait du hors piste et de la traversée de fourrées remplies de branches épineuses qui vous agrippe. Il devient de plus en plus évident que la serpe et le sécateur sont nécessaires pour réhabiliter, enfin pour créer, le sentier des roches de papa. Le final de la marche se fait par une traversée anarchique de la pépinière où germent à foison des champignons que nous ne ramassons pas car plus les champignons sont nombreux, plus toxiques ils sont et ce n’est pas parce que tel champignon ressemble à un cèpe, que c’est un cèpe. Nous sortons de notre domaine de pins et longeons un morceau de la D971 avant de descendre le chemin de la vieille route. Le début du sentier est franchement dégueulasse puisqu’il sert de chiottes aux gens qui s’arrêtent sur la petite aire de stationnement. Ils en profitent aussi pour balancer les boîtes de biscuits vides, les paquets de chips, les emballages de Mac Do, puis, ils s’en vont chier au contact de la nature. Pourquoi il n’y a jamais de sangliers dans ces cas-là ? Bref, on descend et on finit par retrouver le goudron de la vieille route. Première maison à gauche, halte-là ! C’est chez Nanard. On dit bonjour au Nanard, bonjour à la mamie. On discute quelques minutes et on continue notre descente. Dernière maison à gauche, halte-là, c’est chez nous ! C’est nous ! On est revenu et maman nous accueille avec un poulet tandoori et une purée au potiron (recette de moi). Ce fut une bonne balade même si j’ai eu les pieds mouillés à cause de la rosée. On a déjà prévu de nouvelles explorations pédestres et on a bien noté tout ce qu’on doit emmener. Il faut qu’on s’équipe en livre sur les champignons. Devrait rester de la place dans le sac à côté de la serpe, du sécateur, de la tronçonneuse, de l’escabeau et de la pelle.
September 25 Explication aux photos des Aventures de Milie en Italie (afin d'éviter tout commentaire grossier)Pour des raisons mystérieuses et informatiques qui me laissent croire que l’informatique est un monde paranormal, une partie des photos que je mets sur le blog dans les billets de mon séjour en Italie ne sont pas dans le bon sens. Certaines sont à l’endroit, pour d’autres, il faut se tordre le cou. N’allez pas croire que je m’amuse à vous torturer et à vous mettre la tête à l’envers. Pour le moment, ce sont plutôt les applications pour ouvrir et modifier les images qui me retournent le crâne dans tous les sens ! Pourquoi certaines de mes photos sont à l’envers ? Visiblement, mon ordi a beaucoup d’humour. Il semble enregistrer les modifications que j’effectue mais quand je veux mettre les photos sur le blog, certaines sont à l’endroit, d’autres à l’envers. C’est au petit bonheur la chance ! Toutes les images apparaissent dans le navigateur de fichiers dans leur bonne orientation mais quand on passe sur le blog... C’est la cata... De plus, je ne peux pas changer le sens avant le téléchargement. Sur Sergio, qui tournait sous windows, je pouvais modifier le titre et retourner la photo : avec Aramis, qui tourne sous Ubuntu, rien de tout cela. Il télécharge et basta ! Donc, merci de ne pas m’insulter si vous avez du mal à voir les photos. Je vous conseille de prendre votre écran dans les mains et de le retourner. En plus, ça vous fera les muscles ! Vous voyez qu’il y a du positif !
September 24 Avertissement aux aventures de Milie en Italie (titre de billet pompeux)Si vous avez des insomnies, voici quelques pages de lectures. Ce sont mes aventures au jour le jour, ou presque, pendant mon séjour d’une semaine en Italie. Peut-être que ça vous intéressera, peut-être pas. Peut-être trouvez-vous que j’en rajoute, que ce n’est pas. Sans doute, vous trouverez ça trop long. Peut-être... En tout cas, j’espère que ces quelques pages vous donneront envie d’aller en Italie qui, malgré tous ses défauts, est un beau pays et c’est parce qu’elle a des défauts, qu’elle en est plus attachante et plus vivante. Voilà, les billets sont classés du dernier jour au premier jour (suffit de lire le titre du billet pour savoir où on en est, c’est pas compliqué quand même !) Bonne lecture à vous, et je l’espère, bons rêves italiens ! Milie
Les aventures de Milie en Italie jour 8 (et c'est la fin)Milano, vendredi 12.09
Dernier jour de vacances, ce soir, c’est déjà le retour... je quitte l’hôtel – appartement assez tôt et je file poser mon sac de voyage à la consigne, histoire de protéger mon dos, mes épaules et mon humeur de grande râleuse. Mon premier but du matin, c’est le mercato communale1 qui est au sud de la ville. Je me fis à ma saloperie de guide de voyage et j’y vais. En fait, c’est un tout petit marché couvert, même les Halles à Dijon sont plus grandes, et en plus, il y a peu de marchands. Ce sont principalement des Asiatiques qui vendent des produits exotiques (surtout en ce qui concerne les fruits et légumes), il y a quand même un boucher, un fromager et peut-être un boulanger. Le marché couvert qui était près de chez moi, à la via Collatina, était bien mieux fourni. Je suis un peu déçue, d’autant que le quartier ne présente rien de bien exceptionnel à visiter. Il est situé près du canal qui coule dans Milan, mais sinon, rien de bien chouette. Je décide de retourner à pattes vers le centre mais je dois faire un arrêt stratégique dans un bar pour boire le cappuccino obligatoire de la journée et aussi remettre de l’ordre dans mon sac à dos. J’ai, en effet, un petit problème de pasta. La veille au soir, j’ai acheté une salade de pâtes dans une barquette en plastique. Pendant la nuit, je l’ai mise dans le frigo de l’appart’ et le matin, je la mets dans un sachet en papier puis dans mon sac... sauf que la salade a voulu voir un peu mieux le fond du sac. La barquette s’est fendue et la sauce a coulé (enfin, l’huile) au fond. Donc, il a fallu que j’enveloppe la barquette dans du papier journal, je n’avais pas de sac plastique, que je tapisse le fond du sac de serviettes en papier. J’ai dû rester au moins un quart d’heure dans les WC pour éponger, cela dit, j’avais un sac parfumé à l’insalata di pasta après. C’était sympa. Je continue de marcher et j’arrive à l’église Sant’Eustorgio qui date du XIème, comme quoi, il peut aussi y avoir du médiéval à Milan. L’extérieur est en briques rouges et l’intérieur comporte des fresques du Moyen-Âge et laisse voir sa voûte en arcs brisés. Elle est très belle et très calme mais rien à voir avec l’édifice religieux que je visite par la suite. Oui, j’ai ravalé ma rancoeur et ma fierté contre la stupidité militaire et religieuse, et vêtue d’un pantacourt qui fait que j’ai l’impression de me balader en pyjama toute la journée, je peux visiter le Duomo. Bouche bée, c’est haut, c’est grand, c’est majestueux, c’est gothique, c’est beau. Le pavement ne brille pas par sa richesse - qu’on ne m’en veuille pas mais quand on a vu les pavements cosmatesques à Rome, on trouve tous les autres pavements, même ceux en marbre, mornes – mais les voûtes, mes amis, et les colonnes, et les chapiteaux des colonnes, et les vitraux, mamma mia, comme c’est beau. Le Duomo est assez sombre à l’intérieur et très silencieux. Rien à voir avec l’éclat luxuriant et démesuré des églises romaines. Ici, c’est le silence est absolu. Peut-être que la pénombre y contribue. En tout cas, on se sent tout petit dans cet édifice dédié à la grandeur de Dieu. A la sortie, c’est le vide de la place qui me saute dessus. Il commence à pleuvoir et les vendeurs de tout et de n’importe quoi (et pour l’occasion de parapluies) se sont réfugiés dans les entrées de métro. Seuls restent les pigeons qui lèvent les ailes vers le ciel pour tenter de se laver de la crasse urbaine. Ils ont les plumes ébouriffées et bordel de dieu, qu’est-ce qu’ils sont moches ! Comme il pleut, un peu pas beaucoup, je me dirige vers le Castello Sforzesco pour visiter la panoplie de musées qu’il contient. Et c’est une très bonne initiative de ma part car en moins d’une demi-heure, la petite pluie de fin d’été se transforme en un violent orage. Il est 10h30 et c’est comme s’il était 17h en hiver tellement le ciel est noir. Des sacs d’eaux tombent du ciel et je suis bien contente de les regarder à l’abri derrière une vitre. Je ne visite pas tous les musées car certains m’intéressent peu mais je me ballade avec plaisir dans le musée d’art ancien où sont exposés principalement des statues de différentes époques. C’est dans cette partie qu’est présentée une oeuvre tardive de Michelange : la Pietà Rondonanini (du nom du commanditaire) que l’artiste laissa inachevée. Je visite également le musée des meubles ainsi que la pinacothèque. Je passe un peu rapidement sur les différents services à vaisselle... et je fais l’impasse des salles sur les objets liturgiques. Le parcours de la visite est divisée sur plusieurs étages et il faut parfois prendre un ancien chemin de ronde pour accéder à une autre aile du musée ou même à un autre musée. On se retrouve alors à l’air libre mais protégé par le toit tout en entendant et en voyant la pluie qui continue de se déverser sur Milan. Après mes visites et le pranzo, comme la pluie s’est enfin arrêtée, je décide de faire un peu les magasins. Je craque chez Calzedonia pour plusieurs paires de collants. Heureusement, mon compte en banque est sauvé de l’agonie par le fait que la collection automne hiver n’est pas encore sortie. Ils en sont encore aux maillots de bain ! On ne vit pas sous les mêmes latitudes. Je flâne dans les rues commerçantes, j’entre, je sors des boutiques, puis, je tente de trouver l’orto botanico. Soit le plan est faux, soit ils ont construit un hôtel à l’emplacement, bref, il n’y a pas d’orto botanico. Pour finir en beauté la journée, j’ai décidé de me faire un petit plaisir ciné. Je vais voir un film italien, primé à Venezia, « il pranzo di ferragosto » et qui, à l’origine, n’est sorti que dans 14 salles en Italie. Mais, il grignote peu à peu du terrain et est maintenant à l’affiche dans une trentaine de salles dans tout le pays. Ce n’est pas encore une distribution digne d’un grand film américain mais c’est mieux que rien. Le ciné est en plein dans le quartier chic de la ville, mais la place n’est qu’à 5 euros. A ma grande surprise, et pour la première fois de ma vie, la vendeuse me demande où je veux être placée dans la salle. Un peu étonnée, je prends ce qu’elle me donne, au milieu, en face de l’écran. Très bien. La salle de ciné est presque pleine même s’il n’est qu’à peine 17h. Il y a des vieux et des moins vieux. Des parents et des enfants sans oublier les grands parents. C’est sympa à voir et on regrette que nos salles de cinés françaises soient désertées l’aprèm, sans doute parce que les gens bossent. Mais, est-ce que les gens ne bossent pas aussi en Italie ? Le film se déroule à Rome, de nos jours, au moment du 15 août (soit Ferragosto). La ville est désertée, les gens partent en vacances, et on suit l’histoire de Gianni, la cinquantaine, qui habite encore chez Mamma, qui a bien 80 ans et qui est du genre chiante. Gianni se retrouve obligé de prendre en pension pour le we de ferragosto la mère de son concierge, elle aussi un peu chiante et exigeante, et la tante qui a des problèmes de mémoire. En échange, le concierge lui efface quelques dettes qu’il a pour la copropriété. Mais, ce n’est pas tout. Un de ses amis médecin lui confie sa maman à garder pour la nuit car la bonne roumaine est en vacances et que lui est de garde à l’hôpital. Celle-là n’est pas chiante, mais son fils lui a dressé un régime alimentaire de fou ! Pas de produits laitiers, pas de sauces à la tomate le soir parce que la maman ne les digère pas et si elle ne digère pas, elle ne dort pas. Manque de pot, Gianni a prévu « pasta al forno », avec mozarella, sauce tomates etc. La maman du médecin bave devant le plat mais Gianni ne cale pas et lui donne une assiette de légumes cuits à la vapeur. Cependant, la nuit portant conseil et donnant des ailes, la maman du médecin se lève, prend le plat et se le mange assise dans son lit. Gianni s’en rend compte et passe le reste de la nuit à l’écouter lui raconter son enfance car la pauvre ayant des problèmes de digestion, souffre d’insomnie. Gianni doit également faire face à une tentative de fugue de la mère du concierge à la suite d’un quiproquo avec sa propre mère au sujet de la télé. Il la retrouve à siroter un cocktail dans un bar et finit par la convaincre de rentrer. Mais, la petite mamie est en pleine forme et n’hésite pas à lui faire des avances que Gianni repousse. Pauvre Gianni ! Il est débordé par ces 4 femmes qui, bien qu’âgées, sont en pleine forme et ont envie de croquer la vie, ou du moins ce qui leur en reste. C’est un film tendre et émouvant sur la vieillesse. On ne parle souvent des vieux que parce qu’ils ont Alzeihmer, ou de l’arthrose, ou des tas de problèmes. C’est émouvant de voir ces mamies se maquiller, se coiffer, mettre de beaux vêtements pour épater la galerie. Elles se comportent comme des adolescentes et c’est un régal à voir. Le film déborde de vie et ne sent pas le renfermé ni la morosité. Après le ciné, je me ballade un peu dans la Galleria Vittorio Emanuele II. De nombreux Milanais sont assis aux tables des cafés et se font un aperitivo entre le boulot et la maison. Dans une des librairies, j’achète un bouquin sur le pain. En sortant, j’écoute quelques instants un groupe d’hommes dans la soixantaine qui chantent un air d’opéra devant le parvis de la Scala et au milieu de gens très bien habillés. Je commence à remonter vers la gare centrale quand je vois un tram arriver. Vite, vite, vite, je cours. Je n’avais pas encore essayé le tram milanais ! Ben, je ne regrette pas mon voyage. C’est simple, j’ai failli faire un tour supplémentaire. Je change de tram en milieu de trajet, j’ignore un des plus modernes et je me reprends un vieux... avec parquet et banquettes en bois. Splendide ! Là, je dois reconnaître que même Rome n’en a pas des pareils ! Arrivée à la gare centrale, je résiste à l’envie de me faire un tour complet et je file récupérer mon bagage. Commence alors une longue attente dans la salle des voyageurs. Mon train pour Dijon est à 23h35. C’est long, c’est long, c’est long. J’en profite pour faire un peu de correspondance mais bon, on s’ennuie quand même un peu.
Le train arrive de Venezia avec du retard mais comme il a une demi-heure de battement, nous partons à l’heure. Jusqu’à 5 minutes avant le départ, j’ai cru que je pourrais éviter la place qui m’était attribuée sur mon billet, c’est-à-dire la banquette tout en bas. Mais non ! Le compartiment affiche complet et je me retrouve à me tasser sur ma banquette. Impossible de se tenir assise, j’ai la tête qui tape dans la couchette du dessus. Ce n’est pas très large, il fait un peu froid mais c’est pas cher. Le sommeil est court et agité, je me réveille, je me rendors... Le train arrive en gare de Dijon avec une petite demi heure de retard. Bref, nous sommes à l’heure. Sur le quai, il y a mon papa bien réveillé qui m’attend et me souhaite un bon anniversaire. A la maison, il y a maman bien réveillée qui m’attend et me souhaite un bon anniversaire.
Voilà, les vacances sont finies et déjà, l’envie d’y retourner. Déjà l’intention d’y retourner, presque le billet en poche, et cette fois, ce sera l’Emilia Romagna, et surtout la ville de Bologne avec ma compagne préférée pour les déambulations artistico-piétonnes : la signorina Lulu !
*** 1« il mercato communale », le marché communal Les aventures de Milie en Italie jour 7 bis (ou les mésaventures de Milie en Italie)Les pieds (11.09)
Le pied est le fondement de l’homme, que dis-je, il en est la racine. Ce sont nos pieds qui nous font avancer, aller vers demain. Ce sont eux qui nous portent vers l’avenir. Celui qui a de bons pieds, se tient droit dans la vie. Mais, parfois, ils sont fatigués, et pendant mon séjour italien, j’ai eu des problèmes de pieds, notamment olfactif. C’est simple, je pue des pieds. C’est un fait avéré, puzzo dei piedi. L’odeur désagréable, c’est moi, ou plutôt, ce sont mes pieds. Enlever mes chaussures relève de la prise de risques tellement l’odeur qui s’en dégage est peu supportable. Mes pieds et mes chaussures puent. A force de marcher, le pied fermente dans la chaussure sans aération ce qui provoque transpiration et puanteur des pieds. Ils puent tellement que je n’oserais même pas essayer une paire de chaussures dans un magasin. L’odeur ferait fuir la vendeuse. J’ai les pieds dans un sale état. L’élastique des ballerines est gravé dans le bronzage du pied. En fait, j’ai toute la chaussure coloriée sur le pied. C’est joli, c’est original. Et puis, la paire de chaussures idéale n’existant pas, j’ai bien entendu deux petites ampoules, une sur chaque gros orteil mais par chance, elles ne me font pas souffrir. Elles ne sont pas profondes et ne m’empêchent pas de marcher. Et heureusement ! Il n’y a rien de pire que le pied douloureux. Quand les pieds font mal, on a le souffle coupé, et chaque pas devient une épreuve à surmonter. On se retrouve sans pouvoir avancer. Là, je n’ai pas mal aux pieds, juste ils puent. Même une douche ne parvient pas à leur redonner un semblant de parfum neutre. Et dire que demain, je prends le train de nuit. Je plains déjà mes compagnons de couchettes qui auront l’odeur des pieds et des chaussures. C’est comme à l’auberge de jeunesse, j’avais posé mes chaussures en bas du lit superposé et je plains la dame qui a dormi sur le matelas du dessous, la tête à quelques dizaines de centimètres de mes chaussures... Poverina !!
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Les aventures de Milie en Italie jour 7 (celui qui vient après le 6ème jour...)Milano, jeudi 11.09
ROMA : 1 MILANO : 0
J’arrive à la gare centrale de Milano vers 11h00 du matin. Je dépose mon gros sac de voyage à la consigne et je pars à la conquête de la capitale lombarde. Dès la sortie de la gare, c’est le choc ! Des immeubles de verres à droite, à gauche, en face et peut-être derrière moi aussi, mais je n’ose pas me retourner. Milan se la joue à la mode Europe et elle arrive bien à tenir son rang avec ses cravatés et ses tailleurs, ses boutiques de luxe et ses flopées de banques, ses boutiques de marques griffées et ses hauts lieux de l’élite financière (et mafieuse ?). Milan étant connu pour son duomo, je décide de commencer par là. Comme les Italiens sont avares de la pancarte, rien n’indique où est le duomo ; et comme il y a autant d’immeubles de 40 étages dans le secteur que de courgettes dans le jardin de mon papa, on ne voit pas loin ! L’horizon est bouchée par toutes ces saloperies vitrées ; et comme le plan de mon guide est aussi lisible qu’une page de journal après la pluie, l’achat d’un vrai plan s’impose. Et attention, j’en prends un de compétition avec lignes de bus, de métro, de tram, de scooters, de bicyclette et de poussette sans oublier les lieux touristiques importants. Hé oui, Milano a aussi le tram et il faut reconnaître que le réseau est plus développé mais les appareils qui y circulent ne sont pas tous de la dernière génération. Il y a aussi beaucoup de trolley (bus qui fonctionne à l’électricité grâce à des câbles, comme les trains). Les Milanais battent également les Romains sur le nombre de ligne de métro puisqu’ils en ont 3 ! Cela dit, la victoire est facile, le sous-sol milanais est sans doute moins riche en restes antiques. Leur métro est également beaucoup moins tagué que les métro de la ligne B à Rome. On peut voir à travers les fenêtres ! Pour aller au Duomo, je passe devant la Scala mais on ne peut pas visiter cet antre de l’opéra et les billets sont sans doute à des prix à donner une attaque cardiaque à mon compte en banque. Je traverse ensuite la Galleria Vittorio Emanuele II. Oui, oui, c’est le même bonhomme que pour le monument en crème chantilly à Rome. C’est en fait un passage couvert par une verrière qui relie la place de la Scala à la place du Duomo. En quelques mètres, on peut voir s’étaler des cafés où les serveurs sont tirés à quatre épingles et où les clients ne sont que des hommes d’affaires et surtout où le cappuccino est trop cher pour moi, même al banco1, à côté, on fait l’étalage du luxe dans les vitrines des magasins de grandes marques italiennes dont nous tairons le nom. J’arrive ensuite sur la place du Duomo. Tout comme à Venezia, sur la piazza San Marco, il y a des abrutis qui vendent des graines pour nourrir les pigeons qui iront chier sur la façade du Duomo (dont les deux tours sont en restauration). Il y a aussi des emmerdeurs qui veulent vous prendre en photo devant le duomo, d’autres qui vendent des saloperies importées d’on ne sait trop où. Les choses se sont corsées par la suite. Je suis refoulée à l’entrée du Duomo, pour cause de jupe. Comme quoi, il n’y a pas que les boîtes de nuits qui refusent des clients. Le militaire, qui visiblement en connaît un rayon en décence vestimentaire, trouve ma tenue choquante aux yeux de Dieu (ou plutôt aux yeux de ceux qui prône la foi). C’est fou, dans ce pays, il ne peut pas y avoir une seule émission de télé sans que le présentateur (homme dans les 40 – 50 ans) ne fasse accompagnée par une midinette (muette ou autiste, vu le peu de phrases qu’elle prononce) vêtue de peu et hissée sur des hauts talons ! La télé, c’est la télé, et l’église, c’est l’église. La jupe, c’est interdit (alors que tous les prêtres sont en robes !). Je m’éloigne du Duomo vexée comme un pou ! Déjà que Milan ne me plaît qu’à moitié, la ville est trop grise, trop luxueuse, trop moderne. Elle est bourrée de Mac Do (ils sont en face du Duomo !), de 4x4 et autres conneries américaines. Pour me calmer, je pars en direction du Castello Sforzesco et en chemin, je bifurque vers la piazza dei mercanti. Et je ne regrette pas du tout mon détour ! La place conserve des vestiges médiévaux et sous le marché couvert se tient une foire du livre au profit d’une association d’aide à l’Afrique. Un peu par hasard, j’y fais un tour, et là, ô miracle, je tombe sur 4 DVD de Montalbano. Cette petite trouvaille me réconcilie momentanément avec Milano. Je fais ensuite une pause pranzo au parc Sempione qui jouxte le Castello Sforzesco où je rentre par la suite. Le château est construit sur une ancienne forteresse dont il en garde la forme et la division en plusieurs cours. Par la suite, il devint la résidence principale de la famille des Sforza (d’où le nom) pendant la Renaissance. Aujourd’hui, les bâtiments sont occupés par une série de musées mais on peut traverser les cours, entrer du côté du parc et sortir dans la rue de l’autre côté. Les musées, je me les réserve pour le lendemain matin. Je continue donc mon chemin vers Santa Maria delle grazie qui se paye le luxe de n’ouvrir qu’à 15h et il n’est que 14h15... Je décide de continuer vers Sant’Ambrogio. Là, personne ne me refoule pour indécence vestimentaire. Sant’Ambrogio est le saint patron de Milan. L’église date du IXème siècle et a été plusieurs fois remaniée au cours des siècles mais elle a gardé son esprit médiéval avec ses briques rouges, ses colonnes et ses voûtes brisées. Comme je suis un peu fatiguée, je me pose dans un café pour prendre un marocchino2 et pour écrire quelques cartes postales. Puis, je pars récupérer mon sac à la consigne et je me dirige vers l’hôtel... les choses commencent bien... je fais tout le tour de la gare avant de trouver l’arrêt de bus et en plus, il est en plein soleil. Je risque l’insolation à attendre ce maudit bus. J’ai chaud, j’ai chaud et le bus n’arrive pas... pourtant, à cette tranche horaire, il est sensé en passer un toutes les 5 minutes, on ne doit pas avoir la même conception des minutes. Sans doute qu’en plein soleil, une minute fait plus de 60 secondes. Tout finit par arriver, même les bus. Youpi, hourra, je vous ferais bien une danse de la victoire mais avec mon barda, ça ne va pas être possible. Je monte dedans et je ne tente même pas de chercher une place assise vu qu’il y en a pas et enlever le sac à dos pour le remettre, rien que d’y penser, je suis fatiguée. Deux arrêts plus tard, 22, v’là les flics ! Enfin, ce ne sont que des contrôleurs de bus qui font leur travail. Ils sont 3 à vérifier les tickets mais étrangement, aucun d’eux ne contrôle ceux situés à l’avant du bus, dont je fais partie. De toute façon, j’avais mon ticket bien en règle. Ils restent 3 arrêtes environ dans le bus puis descendent à la recherche d’autres infractions aux tickets. Enfin, c’est mon arrêt. Je descends et je pars en quête du 84, via Goldoni. Je regarde à droite, à gauche, sur le plan et j’ai du mal à me repérer. Une jeune femme vient spontanément à mon secours et grâce à elle, je pars dans la bonne direction. J’arrive devant le numéro 84, comme il fallait s’y attendre, l’hôtel n’est pas tout le numéro 84. C’est juste un étage. Je traverse un hall d’entrée, puis une cour intérieur, je prends la première porte à gauche, je monte d’un étage, je sonne. RIEN. Je sonne de nouveau. Toujours RIEN. Je frappe à la porte. RIEN. Je tente d’appeler. RIEN. Je me dis que la réception n’est peut-être pas encore ouverte et je me dis qu’il vaut mieux patienter un peu dans un bar que s’asseoir sur les marches sales de l’escalier. Je trouve un petit bar sympa et désert à deux pas de mon potentiel hôtel. Il n’y a pas grand monde mise à part le barman et la dame à la caisse. Je m’installe et je sirote un tè freddo tout en lisant un bouquin sur la « cucina pugliese3 » et un autre sur les « antipasti 4». Je tente plusieurs fois de téléphoner, personne. Je reste pas loin de deux heures dans ce bar, sous le regard froncé du padrone qui trouve que je profite bien trop longtemps de la chaise. Les Italiens ont l’habitude de ne faire qu’un arrêt au bar. Ils avalent leurs cafés, et s’en vont. C’est rare qu’ils prennent une chaise et se mettent à lire le journal. Non pas qu’ils ne lisent pas le journal, mais s’ils le font, c’est au comptoir et en commentant les résultats sportifs ou les nouvelles politiques avec le barman et les autres clients. Ils se mettent parfois al tavolo5, mais alors, c’est entre amis, pour discuter et plutôt après le travail qu’en plein milieu de l’après-midi. Je finis par m’en aller et je retourne à l’hôtel. Je sonne, je sonne, je frappe, je tente d’ouvrir et la porte s’ouvre ! Ô miracle ! La jeune femme qui se présente à moi ne parle quasiment pas italien mais elle réussit à me dire : « non lavoro quà 6». Intéressant comme remarque, et qui travaille ici ? Elle s’en va et je comprends vaguement qu’elle part chercher quelqu’un. Je patiente quelques minutes dans ce qui semble n’être que le couloir, violemment peint en rose, d’un appartement. La jeune fille revient et me dit que quelqu’un va arriver. Une jeune femme à l’allure sportive débarque. Son italien est plus qu’incertain mais on réussit à se comprendre. Elle est d’origine roumaine et vit à Milan depuis plusieurs années. Les choses se font à l’amiable, elle ne me demande pas ma carte d’identité, et elle me conduit à l’appartement où est mon lit. En fait, l’hôtel est sur quatre appartements. Oh, ce n’est pas le grand luxe, ça c’est sûr. Moi, je suis au 4ème étage. La chambre contient 7 lits dont 4 superposés, il y a une salle de bain toute en longueur et dont la porte ne s’accroche même pas, et une salle de séjour où il y a un sofa et une table où on peut prendre le petit déj’. Il y a aussi un balcon qui donne sur la cour intérieure. La jeune femme me dit aussi que si je veux, je peux mettre de la nourriture dans l’appartement juste en dessous. Il y a un frigo et la porte n’est jamais fermée. Cela dit, il est clair que la serrure de l’appart’ où je suis a été forcée plusieurs fois, et la réparation me semble bien sommaire. Les installations électriques feraient hurler Gégé et je me souviens de sa mise en garde quand il était venu à Rome dans ma colocation. En sortant des toilettes, il m’avait juré de ne jamais, je dis bien jamais, toucher les fils qui sont au-dessus de la baignoire. Compris ? Là, c’est à peu p7rès du même acabit. Enfin, c’est spacieux, à peu près propre, les lits sont faits et je peux prendre une douche (et heureusement que les serviettes sont fournies). Ah, une douche, ça vous réveille le corps et l’âme. Je pars ensuite à la recherche d’un supermarché, ce qui peut s’avérer un peu compliqué et je ne me sens pas le courage de demander à un passant : «Scusi, lei conosce un buon supermercato con prezzi bassi e molto vicino ? » J’en trouve 2 de supermarchés, un « punto sma » où il n’y a presque rien et un « stenda » pas mal fourni mais où, de façon inexpliquée, la majorité des fruits ne proviennent pas d’Italie. Et pourtant, l’Italie produit des pommes, du raisin, des figues... De retour à l’hôtel, enfin, à l’appartement, j’écris un peu, je prépare la journée de demain et je mange. Bien sûr, ce n’est pas une cuisine équipée mais il y a des assiettes en plastique, des gobelets et des couverts. L’immeuble est presque calme sauf qu’ils font des travaux, peinture et perceuse, dans l’appartement en dessous et ils s’acharnent jusqu’à plus de 21h ! Ah, ces Italiens, des acharnés du boulot !
*** 1« Al banco » signifie au comptoir. C’est souvent là que les Italiens boivent leur café. 2Un marocchino : « un marocain » est un café saupoudré de cacao et surmonté d’une épaisse couche de mousse de lait. En général, il est servi dans un petit verre. 3« la cucina pugliese », c’est la cuisine de la région des Pouilles... vous savez, cette région, tout au sud de l’Italie, dans le talon de la botte. 4« gli antipasti » sont de petites préparations (légumes, charcuterie ou fromage) que l’on mange avant la pasta (« il primo piatto », le premier plat) qui est avant « il secondo piatto » soit de la viande ou du poisson avec « un contorno », c’est-à-dire une garniture. 5« al tavolo », à la table 6« Non lavoro quà », je ne travaille pas là 7« Excusez, vous connaissez un bon supermarché pas cher et très proche ? » Les aventures de Milie en Italie jour 6 (donc, c'est après le jour 5 etc)Bergame, mercredi 10.09
A l’assaut de Bergame ! Non, ne riez pas, le mot « assaut » convient parfaitement. Bergame est une ville construite sur deux niveaux : la città alta et la città bassa. Pour la faire, et au cas où que vous ne vous en douteriez pas, l’alta, c’est en haut et la bassa, c’est en bas. La tête et les pieds. La partie médiévale et la partie moderne qui est bien plus grande que la première. Le centre et ses faubourgs, le touristique et le résidentiel, en somme. Je schématise un peu, dans la città alta, il y a aussi des organismes administratifs, comme l’université ou des bureaux. Et la città bassa a aussi son charme. Les constructions sont du 19ème mais il y a de très belles réalisations. De plus, les gens y circulent très fréquemment en vélo. L’auberge de jeunesse est dans la città bassa mais cela ne signifie pas que cela ne monte pas. Au contraire, le quartier porte le nom pompeux et réaliste de « Monterosso1 » et ça grimpe ! En tout cas, la zone est très sympa, ce sont beaucoup d’immeubles de 4 à 5 étages, rien de bien haut, mais qui sont disposés en escaliers. On a toujours une volée de marches à monter pour passer d’un immeuble à l’autre, vu qu’ils sont construits sur une pente. Les balcons croulent sous plantes et les fleurs retombent en cascade. De cette description peut se dégager une impression de calme et de sérénité, mais ne vous inquiétez pas, il y a toujours un moteur de motorino2 pour vous rappeler à la réalité et à l’occasion vous empêcher de dormir. Le matin, avant le petit déjeuner, j’ai été me promener un peu. J’ai croisé les enfants qui partaient à l’école, les adultes qui se rendaient à l’ufficio3 et le livreur de journaux qui lançait plus qu’il ne livrait le journal. Je pars de l’auberge après le petit déjeuner. A la conquête de Bergame ! Heureusement, il y a un funiculaire pour monter là-haut... Bergame est une ancienne ville fortifiée et les remparts sont encore visibles. Il n’y a que trois portes pour entrer dans la ville. Le centre est occupé par la Piazza Vecchia où se trouvent la bibliothèque, l’université et le palazzo della ragione4, c’est-à-dire l’ancien lieu du pouvoir. Un peu plus loin, le duomo5 côtoie la basilica Santa Maria Maggiore. A l’intérieur de celle-ci, on peut admirer une très belle chapelle entièrement de marbre que le condottiere Colleoni a fait construire à la Renaissance pour y déposer son tombeau. La basilique est également très belle aussi bien d’extérieur que d’intérieur. Deux de ses entrées sont gardées par un couple de lions dont la présence rappelle les liens entre Bergame et la Serenissima Venezia. La façade alterne trois couleurs de marbres (rose, noir et blanc) en les torsadant dans les colonnes ou les juxtaposant sur les murs. L’intérieur est très riche : fresques médiévales, tapisseries, le tout est d’une très grande beauté. Je me ballade dans la ville et visite d’autres églises mais qui sont moins belles que la basilique. Même le duomo est moins beau, il est surchargé de dorures, se la joue à la romaine, sans vraiment y parvenir. Les rues sont étroites et tortueuses. Elles sont pavées de galets ronds avec juste une bande en pierre lisse sur l’un des deux côtés pour pouvoir marcher. On peut marcher au milieu mais c’est massage du pieds assuré et encore, le massage est plutôt douloureux. Les façades des maisons sont en petites pierres apparentes et il n’est pas rare de voir une tour se dresser à un angle de rue. Malheureusement pour moi, un grand nombre d’édifices est en restauration. C’est simple, sur la piazza vecchia, c’est au moins un sur deux. Pour déjeuner, je décide de casse-croûter au Parco delle Rimenbranze, sauf que je fais quasiment tout le tour des remparts avant de trouver l’entrée ! Le nom du parc m’avait plu, mais en fait, c’est le parc des monuments aux morts. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les guerres. Faut aimer... L’aspect militaire, je m’en fous un peu mais du parc, il y a un très beau panorama sur les plaines environnantes. Il paraît que quand le temps est dégagé (là, ce n’est pas le cas, il y a de la brume), on voit jusqu’à Milan qui est à une cinquantaine de kilomètres. On comprend, de suite, la position stratégique de Bergame. Je vais ensuite visiter l’Accademia Carrara qui est une collection de peintures rassemblées par le duc Giacomo Carrara à la fin du XVIIIème. L’accademia a été aussi une école de peinture renommée même si personne n’en a jamais entendu parlé. Enfin, je n’en verrais que les chefs d’oeuvres car l’académie est en travaux et ses principales oeuvres ont été transférées dans une aile du palazzo della ragione dont la façade est en travaux. Je suis un peu déçue par la visite. Peu de tableaux sont exposés, certains ont été prêtés pour une expo en Suisse, d’autres sont dans les cartons du dépôt. Après la peinture, je passe à la nature. Bergame possède un très bel orto botanico6. Selon le dépliant informatif, il y aurait plus de 900 espèces qui y seraient conservées. Le jardin prend la forme d’un parcours avec un petit sentier en cailloux et des petits ponts qui enjambent un ruisseau. C’est vraiment un lieu très agréable, mais dommage que ce soit la fin de l’été ! De nombreuses plantes sont fanées et j’imagine qu’au printemps, le lieu doit resplendir de couleurs, d’odeurs, et de lumières. Après la nature, retour à l’urbanisme ! Je longe les remparts et je descends la salita della scaletta7. Bien que ce soit une salita8, je la descends et heureusement pour moi car la pente est raide ! J’arrive donc à la città bassa. Celle-ci est construite sur un plan quadrillé comme de nombreuses villes modernes. Les rues y sont moins enchevêtrées mais cela ne m’empêche pas de me perdre, notamment parce que j’ai la flegme de sortir le plan du sac. La grande avenue qui mène de l’une des portes de la città alta à la gare est bordée de palazzi typique ment 19ème siècle. Ce sont de grosses cubes de deux étages posée au milieu d’un carré de pré vert. Mais, derrière elles se cachent des vestiges plus anciens, et en tournant à gauche, puis à droite, puis tout droit, on retrouve les pavés en galets qui font mal aux pieds. Cette partie de la ville est beaucoup plus commerciale et peut-être un peu moins vivante. Les quartiers uniquement résidentiels se trouvent un peu plus loin, aux pieds des collines. La città alta étale ses restaurants de luxe à l’addition gastronomique tandis que la città bassa multiplie les caffè où on prendre un aperitivo9 en terrasse. Je m’y promène une partie de l’après-midi puis je décrète une pause relaxation pour mes pieds et je retourne à l’auberge. Demain, il y a Milan !
***
La disparition de la serviette rouge
C’était une grande serviette rouge avec une grosse fleur dessus. Elle n’était imprimée que d’un côté, l’autre était blanc. Elle était toute douce même si elle avait tendance à perdre ses pluches. C’était ma serviette de piscine, suffisamment colorée pour que je la repère de loin, sur le bord. Mercredi matin, je quitte l’auberge de jeunesse en la laissant sécher sur le bord du lit vu qu’elle est encore humide. Quand je reviens le soir, elle est allée se faire sécher ailleurs ! Plus de serviette rouge ! Les chambres ont été nettoyées pendant la journée et je me dis que peut-être la femme de chambre l’a emmenée pensant que j’étais partie définitivement et que je l’avais oubliée. Je vais à la réception pour me renseigner sur l’éventuelle trouvaille d’une serviette rouge. Le jeune homme me répond, avec un fort accent espagnol : « nessuno te l’ha preso l’asciugamano10». Dans ce cas, il est où alors ? Je retourne dans la chambre, je cherche, pas de serviette. En plus, j’avais terriblement envie et besoin d’une bonne douche. J’ai les pieds qui fermentent dans mes chaussures, j’ai envie de m’arracher la peau des jambes à cause des piqûres d’insectes. Une douche, j’en rêvais mais sans serviette, ça va être compliqué. Je rumine et une enseignante marocaine prend pitié de moi et me demande ce qui ne va pas. Je lui explique mon problème et elle me propose d’utiliser la sienne. J’accepte avec joie. En fait, la serviette s’avère être un peignoir en tissu léger qui n’éponge pas grand chose. Cela dit, c’est très gentil de sa part et puis, en restant un peu, on garde la fraîcheur de la douche plus longtemps. Le lendemain, je me renseigne à nouveau à la réception. Niente. Strano ? Je ne pense pas qu’il existe des voleuses de serviette mouillée... quoique ? Et je ne pense pas qu’il existe des femmes de ménages chapardeuses d’asciugamano humide... quoique ? 1« il monte rosso » signifie la colline rouge 2« il motorino », c’est la petite moto. On pourrait traduire par mobylette mais cela ressemble plus à un scooter qu’au peugeot 103. 3Evitons les contresens, « l’ufficio », ce n’est pas l’office mais le bureau. 4Je trouve ça génial de donner comme nom « le palais de la raison » à l’équivalent d’une mairie. Modestes les Bergamois ! 5« il duomo », c’est la cahédrale. 6« un orto botanico » est un jardin botanique. 7« la scaletta » est un petit escalier... ben, là, il était plutôt grand le petit escalier ! 8Salita signifie montée 9« L’aperitivo » a lieu entre 17h et 21h selon les endroits. On achète son verre (entre 5 et 10 euros) et on peut taper à volonté dans le buffet du bar. Selon les lieux, le buffet est plus ou moins fin et plus ou moins inventif. Les aperitivi se sont développés à partir de Bologne et se sont étendus dans toute l’Italie du Nord mais aussi à Rome. 10« Personne te l’a pris la serviette ». Pour précision, « l’asciugamano », c’est littéralement ce qui essuie les mains. Les aventures de Milie en Italie jour 5 (donc, c'est la suite du jour 4 qui patati patata)
Roma
– Bergamo, mardi 9.09 « Evidemment »
Ciao Roma, arrivederci ! Je te quitte pour monter vers le nord, vers les mangeurs de polenta1. J’ai réservé 2 nuits à Bergamo et une à Milano. Pour arriver jusque-là, il faut un peu de patience et prendre le train de Roma Termini à Milano Centrale puis de Milano Centrale à Bergamo. A Rome, mon train est prévu pour 8h30, mais comme il arrive de Salerno avec 5 minutes de retard, il en part avec 10 et arrive à Milano avec 30 minutes de retard. Evidemment, je rate le train pour Bergamo de 10 minutes. Heureusement, il y en a un toutes les heures et je prends celui de 14h20. Pendant le trajet, je m’assoupis un peu et le contrôleur me réveille juste avant que je me mette à dormir la bouche ouverte en me bavant sur l’épaule. Par contre, en arrivant à Bergamo, j’ai la bouche sèche... Il est 15H15 et je me mets en quête de mon auberge de jeunesse. Je demande ma route à l’office de tourisme et la jeune fille me donne un plan, toujours utile quand on est en terre inconnue, et m’indique quels bus prendre. Il y a deux lignes qui passent devant l’ostello. Il est situé dans la città bassa et depuis la gare, on met à peine 20 minutes. Evidemment, le bus ne vous pose pas pile devant l’auberge, enfin, l’autre ligne oui mais pas celle que j’ai pris. Et évidemment, il faut se taper une montée raide pour y arriver. Une fois là-haut, je pose mes affaires dans la chambre. Je suis en dortoir collectif féminin de 8. Ce sont des lits superposés et je choisis de dormir en haut. Je pars ensuite à la découverte de la ville. C’est déjà la fin de l’après-midi, et beaucoup de musées sont fermés. Je me ballade un peu dans la vie. Pour rejoindre la città alta, la partie la plus ancienne de la ville, il faut prendre un funiculaire. Je me ballade un peu puis je m’arrête acheter de quoi manger et je rentre à l’auberge. Il est presque 20h et les heures de transport m’ont un peu épuisée. Je mange dans la salle commune de l’auberge où il y a un frigo pour la nourriture des clients et un micro onde. Rien pour cuisiner mais c’est déjà pas mal. J’écris un peu puis je vais me prendre une bonne douche qui délasse et pour ne pas asphyxier mes collègues de chambrée avec mon odeur (fermentée) de pieds. Evidemment,
je manque de me casser la gueule en montant dans mon lit. L’échelle
n’est pas fixée et évidemment, elle tombe. Je retente ma chance,
victoire ! Je suis dans mon lit ! Hourra ! Mais sans les draps ! Ils
sont sur le lit en-dessous. Je redescends, je déploie le drap en
vrac sur le matelas plus que je ne fais le lit, je remonte... au dodo
!
1« la polenta » est une sorte de galette à base de farine de maïs Les aventures de Milie en Italie (jour 4 soit le lendemain du jour 3, vous suivez toujours ?)Roma, lundi 8.09
Dernière journée à Rome. Je la commence par une passeggiata1 dans la villa Borghese. Il est encore tôt et les touristes n’ont pas encore investi les lieux. Il est encore tôt et la chaleur de plomb ne règne pas encore en maître sur le parc. De plus, le lundi est jour de fermeture des musées (il y en a plusieurs dans la villa Borghese) donc la zone est plus que tranquille. Depuis le Pincio, colline où se trouve la Villa Borghese, on a une très belle vue panoramique sur la ville : de San Pietro au Vittorio Emanuele II voire jusqu’à Santa Maria Maggiore, Rome s’étale à nos pieds et sous nos yeux. Je longe ensuite la Villa Medici et j’arrive à la Trinità dei monti qui domine la célèbre Piazza di Spagna. J’évite la place et continue tout droit ce qui me permet de visiter une petite église de briques rouges mais qui dans la modestie de son apparence extérieure cache à l’intérieur un très joli cloître. Dans l’église, il semble qu’il y ait une messe mais peu de fidèles sont présents. A peine suis-je rentrée dans l’église que j’ai été attirée par le rectangle de lumière de l’autre côté. De là, on accédait au cloître. Construit en carré, cette cour intérieure a en son centre un bassin avec des poissons rouges version mammouth. Tout autour sont plantés des orangers et des rosiers. Le long des murs, sous le passage couvert, on peut voir des restes de fresques qui représentaient probablement la vie de Saint François d’Assise , vu qu’une confrérie franciscaine a son siège dans une partie adjacente du cloître. Il y a aussi des bureaux appartenant à l’armée mais je ne crois pas qu’ils aient quelque chose à voir avec Saint François. Après avoir visité ce petit enclos de fraîcheur et de silence, je décide de finir ma correspondance dans un bar en m’aidant d’un cappuccino. Je prends ensuite le métro pour aller vers le Celio, c’est une des collines romaines. Pour ceux qui connaissent Rome, je vous explique, c’est pas compliqué du tout. Bichette, Fab et Mélie, pour vous, c’est simple, c’est entre le Colosseo et le Terme di Caracalla. Pour mes zie2, c’est entre Colosseo et San Giovanni in Lateranno. Pour mes quatre mousquetaires3, c’est simple aussi, c’est au sud du Colosseo. Pour ceux ne connaissent pas Rome, c’est simple, métro B, Circo Massimo, à gauche en sortant. Des questions ? Dans le Celio, je visite les case romane4. C’est un ensemble de salles se trouvant sous la basilique San Giovanni e San Paolo et qui datent, pour les plus anciennes, du 3ème siècle après J.C. Elles témoignent de l’empilement architectural de la ville et de cette manie romaine de faire du neuf avec du vieux. On construit en se fondant sur les structures déjà existantes. Dans certaines salles, des restes de fresques de la période antique sont encore visibles. Malheureusement, je ne peux pas visiter la basilique médiévale car elle est fermée à cette heure-là mais j’y étais déjà rentrée auparavant, donc, je n’ai que peu de regrets. J’en profite pour me promener dans la villa Cenilmontana (toujours sur le Celio). Le parc est très joli et surtout très frais. En effet, les arroseurs sont en marche. Ils arrosent autant la pelouse que le chemin de gravier et je doute de l’efficacité d’un tel système sous le soleil de midi... la verdeur de la pelouse semble être à ce prix. Je fais ma pause – pranzo et je pars en quête d’un bureau de poste pour acheter des timbres. Il paraît que c’est mieux d’avoir des timbres pour envoyer des cartes. Je sais qu’il y a un bureau à Piramide et je décide d’y aller à la force de mes petits pieds. 18 cartes postales, 18 timbres pour l’étranger. Je crois que j’ai le vice de la correspondance. De Piramide, je continue à pieds et descends la via Ostiense. En chemin, je m’arrête dans un bar prendre un caffè con un bicchiere d’aqua, histoire d’avoir de la bave à mettre sous les timbres. Je continue ma descente de l’Ostiense ainsi que les souvenirs... le numéro 179 et le Centro Linguistico, sans oublier le bar en bas et son merveilleux cappuccino, le DAMS où il y a avait les cours sur le théâtre et la musique, le caffè Chiaro – Oscuro où nous avions bu un coup pour l’anni de Claire, il caffè letterario que Catherine et Maylis nous avaient fait découvrir, la basilica San Paolo et enfin, tout à la fin, la facoltà di Roma 3 avec ses deux copisterie di fronte alla facoltà5 où on abat des arbres tous les jours pour les photocopies des étudiants. Je m’assoie et j’attends Gioella. Elle ne tarde pas à arriver et ensemble, nous allons tirer Davide de son dur labeur. Bon, il se laisse facilement distraire et nous offre à boire dans le bar studentesco qui est devant la fac. J’accompagne ensuite Gioella à Termin pour qu’elle prenne son train et je rentre du côté de Tiburtina. Je me fais une bella dioccia6, valigia e cena, sono pronta a lasciare Roma7. Je passe la soirée à discuter avec Mariano un bicchiere di Chianti à la main. Je l’écoute avec des oreilles d’enfant m’expliquer l’Histoire italienne. C’est un sujet qui m’intéresse et sur lequel je ne connais rien. On parle du présent, du passé et un peu du futur.
***
Hommage à mon frère
Mon frère, il fait chaud et je pense à toi. Mon frère, je suis sous-terre, il fait frais et je pense à toi. Fa un caldo della madonna a Roma ! Je n’ai pas encore la sueur qui me tombe des sourcils et me brûle les yeux mais je suis une espèce d’éponge. Je sue, je suinte, je m’égoutte dans mon tee-shirt, je m’évapore par les pores, je colle, je poisse. Je sens la sueur me couler le long des jambes. Et en prime, je pue. Le déo est quasi inefficace soit que j’ai acheté un truc merdique soit que la chaleur est plus forte que tout. Des orteils à la tête, je suis en eau. De la racine des cheveux à la plante des pieds, je transpire, je barbote dans ma propre sueur. Après trois jours de cagna à Rome, je commence à m’habituer un peu... Je continue à me demander comment elles font toutes ces romaines pour porter des jeans moulants par 35°C. Et pourquoi il n’y a pas d’auréoles aux aisselles de leurs chemisiers ? Elles sont maquillées à grands renforts de fond de teint, de blush et de strass et rien ne coule ! Moi, je n’ose même pas mettre du mascara tellement j’ai peur qu’il n’atterrisse sur mes joues. Elles ont leurs beaux cheveux de latines qui leur caressent le bas des reins, tandis que j’envisage de raser les miens pour avoir moins chaud au crâne. Alors, je me demande : elles n’ont pas chaud ? La fraîcheur, on la cherche et on peut la trouver dans les musées, les magasins à l’air conditionné réglé sur 5°C et surtout dans tout ce qui est sous la surface du sol, exception faite du métro. A Circeo, c’est à la Grotta delle Capre que je l’ai trouvée. Il faisait une température à vous rafraîchir un Fabinou. A Rome, ce sont dans le case romane du Celio. On est bien, là. Le corps se refroidit, on respire mieux, l’air ne brûle pas les poumons, la transpiration devient sueur froide. Ah, ce qu’on est bien ! Hélàs, ces moments de frais sont rares et entre deux instants de fraîcheur, il faut affronter le soleil de plomb qui tape sur Rome. Trente-cinq degrés. Pas un souffle de vent, même si certains restent convaincus que l’air de la mer arrive jusqu’à Rome, moi, je demande à le sentir ! Y a pas un brin d’air ! Et là, dans les rues, je vous jure, il fait un temps à ne pas mettre un Fabinou dehors... sinon, il se liquéfie complètement. Et un Fabinou liquéfié, on met du temps à le réhydrater !
*** Camminare
Rome par les pieds. Rome dans le mollet. Rome au bout des orteils. J’ai marché, j’ai battu du pavé romain, j’ai bouffé du goudron, j’ai piétiné du trottoir, j’ai sillonné les avenues, j’ai traversé les rues, j’ai parcouru les allées. J’ai marché à petites enjambées et à grandes foulées. J’ai marché la tête levée vers les façades. J’ai marché avec cette soif de voir, cette envie de boire à la fontaine de la beauté romaine. J’ai marché, marché, marché... J’ai marché à en avoir mal aux pieds. J’ai marché à en avoir mal aux mollets. J’ai marché à en avoir mal aux cuisses. Je me suis prise le pavé dans les jambes à force de le parcourir. Il s’est incrusté dans ma chair tout comme les images de Rome se sont inscrites dans mon esprit. J’ai marché, marché, marché et j’ai mal aux jambes. J’ai marché, marché, marché et j’en ai pris plein les yeux. J’ai vu les places et les fontaines. J’ai vu les balcons couverts de plantes et les forêts d’antenne sur les toits. J’ai vu les restaurants à la terrasse bondée avec leurs serveurs au costumes impeccable qui sautent sur le client. J’ai vu les madones aux angles des rues et les vieux cachés derrière les volets qui regardent le mouvement de la rue. J’ai vu les gladiateur et les touristes. J’ai vu les Romains et les Roumains. J’ai vu les moines et les militaires. J’ai vu les femmes à hauts talons et les mendiants assis par terre. J’ai vu les bonnes soeurs et les jeunes adolescentes au nombril dénudé. J’ai vu le bleu du ciel à travers les pins parasols du Pincio. J’ai entendu les sérénades le soir et les refrains des klaxons repris par le choeur des moteurs des motorini. J’ai senti l’odeur du café dans les bars, le parfum de la pizza bianca près des comptoirs de pizza a taglio8. J’ai lu « Metro », « 24 minuti », « Intercity », « leggo », « Roma e polis »9 dans le métro puis je m’en suis faite un éventail. J’ai vu et je n’ai rien vu. J’ai regardé et une fois de plus, et sans doute pour toujours, Rome m’a fascinée. Elle m’a prise dans sa chaleur, dans ses bras, dans son corps. Elle grouille de monde la journée malgré le soleil de plomb. Sous la poussière, elle vit, toujours plus ardente, toujours plus folle, toujours plus dure. Elle me fascine, elle m’émerveille et je l’aime avec ses défauts. Roma, è un gioioso casino10 et je sais qu’y vivre n’est rien d’autre qu’une folie. Elle s’asphyxie elle-même à force de tourner, de virer, d’ignorer ses habitants en ne croyant qu’au riche touriste. Elle laisse sur le carreau des milliers de personnes, elle oublie ceux qui vont vivre ses entrailles, ceux qui l’alimentent chaque jour et chaque nuit. Elle n’est pourtant que ce que les Romains en font et en feront. C’est à eux de faire durer cette merveille, de la protéger et de croire aussi en elle au lieu de la salir et de la meurtrir. Roma est l’Histoire et l’Art. Elle est comme une page de manuel qui prend forme et éclate de vie dans un cri de joie et finit dans une plainte mélancolique.
*** 1« una passeggiata » est une promenade. 2« le Zie » sont les tantes, à savoir ma Tata Coco et sa copine Chantal. Elles étaient toutes les deux venues me voir à Rome pendant mon année Erasmus. 3« Mes quatre mousquetaires », ce sont mes 4 parents. A savoir les deux légitimes, PapaMaman, et les deux supplémentaires, Gégé et Sosso. 4« le case romane », les maisons romaines (les traductions deviennent de plus en plus compliquées, je ne sais pas si vous avez remarqué), plus d’infos sur le site www.caseromane.it 5« le copisterie » sont les reprographies. Elles sont installées face à la fac et sont très utilisées par les élèves et par les profs. Il n’est pas rare de voir un élève photocopier un bouquin entier et un prof donne en moyenne une soixantaine de photocopies pour son cours. 6« una bella doccia », une belle douche 7« sono pronta a lasciare Roma », je suis prête à quitter Rome. 8La pizza se vend au poids en Italie. Vous pouvez prendre des tas de petits parts. C’est rare de voir dans ce genre de comptoir des « pizze tonde », des pizzas rondes. 9Tous ces titres sont des journaux gratuits distribués dans le métro. 10« Roma è un gioioso casino », Rome est un joyeux bordel (au sens de bazar désorganisé, pas au sens de maisons closes. Que les choses soient claires !) Les aventures de Milie en Italie (jour 3 soit la suite du jour 2 qui suit le jour 1 ; c'est pour voir si vous suivez)Rome, dimanche 7.09
En avant toute ! Chaussures aux pieds, mollets armés, appareil photo en bandoulière (ou presque), allons se bouffer du pavé romain ! Je l’ai déjà dit mille fois, et je ne voudrais pas avoir l’air d’une mémé qui radote mais, n’empêche, Rome, on ne peut la connaître qu’en se la prenant dans le mollet. Je reconnais qu’elle a le pavé dur et que là, je le sens jusque dans les pieds. Mais Rome ne se laisse voir qu’en marchant à l’intérieur de ses tripes. Roma, Roma, Roma... toujours aussi bruyante, aussi pleine de vie et d’insouciance, de gens et d’odeurs. Je commence mon périple du pavé par le forum romain. Première surprise, l’entrée est désormais payante ! Avant, on pouvait aller du Colosseo à Piazza Venezia en traversant gratuitement les forums. Plus maintenant. Tant pis, il n’y aura pas de souvenirs antiques pour moi ce matin. Je salue le Colosseo qui résonne encore du cri de Mélie : « J’y crois pas ! Je suis dans le Colisée ! ». Je continue vers le Monument Vitttorio Emanuele II. Oh, je ne vais pas relancer la polémique de ce monument crème chantilly. Je le trouve presque beau, caché par ses échafaudages. Pour une fois que je suis contente qu’il y ait des travaux sur un monument. Continuons, continuons et nous arrivons à Largo Argentina. Les chats sont toujours au rendez-vous et se chauffent la fourrure endormis sur des restes de colonnes et de murs antiques. On ne les plaint guère ces matous abandonnés, une association s’occupe d’eux et leur présence est autorisée et contrôlée sur ce site archéologique. Continuons, continuons, et nous arriverons peut-être à Campo de’ Fiori... sauf que... sauf que je me perds toujours dans ce quartier. Il n’y a rien à foutre, je crois que la rue tout droit mène à la place et en fait, elle me ramène à mon point de départ. Cette zone restera toujours un mystère pour moi et je commence à croire comme vrai la théorie de Lulu à propos de la mobilité des rues. Je réussis quand même à y parvenir et je m’offre le luxe du cappuccino en terrasse. Continuons, continuons, et direction Porta Portese. Mais oui, les enfants, c’est dimanche et le dimanche, c’est (non, ce n’est pas la messe) Porta Portese ! Il grande mercato dell’usato, del non usato e del resto1 ! Je pars en quête de DVD de Montalbano. Les romans d’Andrea Camillieri ont été adaptés pour la télévision italienne et c’est un petit moment de bonheur... les paysages siciliens, la mer, l’ambiance, l’accent que parfois je ne comprends. Et aussi, bien entendu la saveur et le piquant des personnages, le commissaire Montalbano avec ses coups de gueulantes, sa mauvaise humeur, sa mauvaise foi et son célèbre « Pronto. Montalbano sono2 », Catarella le standardiste illettré qui comprend les noms de travers et qui parle 5 minutes sans respirer, le chef de la police scientifique et ses beaux cheveux bruns bouclés, le médecin légiste qui sait profiter de la cuisine sicilienne avec profit et qui ne souhaite qu’une chose : faire l’autopsie de Montalbano, le sous-commissaire et ses problèmes avec sa femme jalouse, Livia la compagne de Montalbano qui vit à Genova. C’est simple, je suis fan et je compte bien sur Porta Portese pour compléter ma maigre collection de films. La quête se résume à un seul et unique DVD. Bon, c’est mieux que rien mais je ne reviens pas non plus les poches vides. D’autant que j’y ajoute deux autres DVD et un livre sur Rome. De Porta Portese, je pars à la recherche du Trastevere. C’est le quartier à la mode dans Rome, celui qui est dit être le plus romain, le plus authentique... comprenez, le moins neuf et le moins rénové. Non, j’exagère. Le Trastevere est un très bel endroit avec ses maisons aux couleurs vives, sa bellissima église de Santa Maria in Trastevere, ses terrasses remplis de monde où les prix pratiqués sont élevés mais où, soit-disant, la cucina è romanesca. Je m’égare un peu en chemin et je me tape à pied une magnifique montée pour mieux redescendre 200 mètres plus loin. Ah, Rome et ses collines ! Si Rome était lisse, elle aurait beaucoup moins de relief. Il fait un caldo bestiale, et je transpire comme un forcené mais au final, le Trastevere est toujours aussi beau. Je m’en éloigne ensuite un peu pour manger un bout à la villa Sciarra qui est sur les hauteurs du Trastevere. Par villa, il faut entendre un parc, plus ou moins bien mis en valeur, où se trouvent un palazzo voire plusieurs. Villa Sciarra n’est pas un très grand jardin mais il est très sympathique, il y a de l’ombre et des bancs pour s’asseoir ce qui me semble être le paradis vu la fatigue du mollet et la chaleur. Je retourne ensuite dans le coeur du Trastevere pour visiter le Museo di Roma in Trastevere. La série d’aquarelles « Roma sparita3 » d’Ettore Roesler Franz4 y est exposée. A l’origine, elle s’intitulait « Roma pittoresca » et sont des vues, aujourd’hui disparues, du quotidien des Romains dans différents quartiers de la ville à la fin du 19ème siècle. Ces peintures sont plus des témoignages historiques que des chefs d’oeuvres artistiques, même si elles ne sont pas dénuées de charme et que le pinceau de l’artiste a su rendre le réalisme et la vérité de cette Rome pittoresque. Au rez-de-chaussée du musée, il y a une exposition de photos sur la guerre du Vietnam. Comme toujours, j’ai un peu de mal avec les expos de photos car j’ai toujours un doute sur la véritable correspondance entre image et légende de l’image. Je vois le visage d’un homme vieux qui ne sourie pas. On me dit « Pendant la fuite, un vieillard se repose »... Mouais. Qu’est-ce qu’il me le prouve vraiment ? La sincérité supposée du photographe alliée à son souci de vérité. Je ne suis guère convaincue. On fait dire ce qu’on veut à une image et la légende véritable ne s’impose pas d’elle-même. Seule la contextualisation peut lui donner une part de sa vérité. Je traverse quelques rues et je me retrouve à Santa Maria in Trastevere. Etape obligée. Pavement cosmatesque, rouge, vert et blanc, plafond à caissons surchargés de dorures, abside en mosaïque représentant le Christ rédempteur. Après cette pause religieuse, je continue mes déambulations touristiques et commémoratives. Je marche, je marche, je marche... jusqu’au Panthéon, jusqu’à la piazza del popolo, puis, via del corso. C’est LA rue des boutiques à Rome et même si c’est un dimanche, elle grouille de monde. Je m’arrête dans un bar faire ma correspondance et reposer mes pieds. Je reprends ma route et je marche jusqu’à l’Esquilino, je prends la via Nazionale, je bifurque vers Santa Maria Maggiore puis, je me décide à rentrer. Mal aux pieds, mal aux mollets mais plein les yeux et heureuse d’être à Rome. A l’appartement, il y a la coloc’ allemande de Mariano. Nous dînons toutes les deux et nous discutons un peu. Ce n’est pas évident car elle ne parle pas bien l’italien et mon anglais n’est pas à son niveau optimal après deux jours à l’italienne ! Nous réussissons plus ou moins à nous comprendre et passons un bon repas ensemble.
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L’éternité et la mobilité
Il y a des choses éternelles dans la ville éternelle et des choses qui changent dans cette ville du chaos.
A la station Tiburtina, c’est toujours le même chanteur de reggae le matin et toujours le même joueur de synthé l’après-midi qui n’est pas le même que le matin. Il ne faut pas oublier le vendeur pakistanais de babioles, et en le voyant encore une fois, je me demande encore une fois qui peut bien acheter ses poupées en plastique qui se dandinent sur quelques notes électriques. Il fait toujours aussi chaud dans les métros de la ligne B et il fait toujours aussi glacial dans les wagons hyper modernes et trop climatisés de la ligne A. Et bien évidemment, les métros B sont toujours aussi violemment décorés tandis que les métros A sont toujours aussi étincelants. Il y a toujours autant de monuments en restauration mais ce ne sont pas forcément les mêmes. Le palais Vittorio Emanuele II est toujours caché par des échafaudages et il faut reconnaître que ce n’est pas un mal, car la ferraille, ça l’embellit. Il y a toujours des gladiateurs bedonnants devant le Colosseo et pas très loin, il y a toujours un vendeur de bibite5 dans son camion comme un Lego. Parfois, il enlève les cales et le cube prend la route. La cabine de conduite est tellement réduite que toute personne de plus d’un mètre 55 ne peut pas prendre place sur le siège conducteur. Le conducteur se tasse à l’avant pour laisser un maximum de volume disponible à l’arrière pour entasser un maximum de choses. C’est simple, ils vendent de tout ! Panini de la veille, coca chaud, gâteaux salés en petits conditionnement à prix très élevés, brioches rancies, bouteilles d’eau dont le prix augmentent proportionnellement à la température, paquets de bonbons accrochés à hauteur d’enfant, cartes postales décolorées, porte clés en forme de gladiateur, pizzas réchauffées après avoir été décongelées, glaces anciennement glacées, barres chocolatés fondues au soleil... tout et puis rien Les zanzare n’ont toujours pas été éradiquées et elles me trouvent toujours à leur goût. Bien entendu, je ne résiste toujours à la tentation non pas de me gratter mais bien de m’arracher la peau jusqu’au sang avec mes ongles. Mais, le cappuccino est toujours aussi bon, la pizza bianca6 est toujours un régal... et Rome est toujours aussi belle.
Il y a aussi des choses qui changent.
Avant il foro romano était gratuit. Pour le Palatin, il fallait payer et ils ont étendu le système au foro romano. Prix du billet intégral : 11 euros ! Rien que ça ! Vive le touriste à la bourse pleine ! En ce qui concerne le Romain intéressé par sa ville, il peut repasser... Maintenant, toute la zone archéologique est payante et cela ne signifie pas que la mise en place d’un portique d’entrée se fait parallèlement aux plantages de panneaux informatifs. Oh que non ! Vous n’avez qu’à savoir ce que vous regardez ! Y en a marre des touristes ignares ! Cela dit, il faut reconnaître que c’est créateur d’emplois et sans doute que le site est davantage préservé et que cela joue faveur de sa conservation ; même si rien ne prouve que l’argent de la billetterie sera utilisé pour la valorisation du site. Il y a moins de mendiants dans Rome qu’auparavant, du moins, j’ai eu l’impression. Peut-être à cause de la chaleur ? Peut-être sont-ils en vacances ? Peut-être harcèlent-ils les gens sur la plage ? En tout cas, il y avait moins d’estropié à Porta Portese, et d’ailleurs, le marché était beaucoup moins fourni que dans mon souvenir. Erreur de mémoire ou réalité ?
Toujours en changement et pourtant toujours la même avec sa frénésie et sa folie, Rome sera toujours Rome, belle et chaotique, instable et fidèle à son envie de vivre, les deux pieds dans les marbres de son antiquité mais la tête fièrement dressée vers la modernité.
*** 1Traduction de moi : « le grand marché de l’occasion, du pas d’occasion et du reste ! » 2Traduction pas de moi mais de Serge Quadruppani : « Allô ? Montalbano, je suis ! » 3« Rome disparue » 4cf. si vous voulez voir ce que ça donne : www.ettoreroeslerfranz.com et cliquez ensuite dans la colonne de gauche sur « Roma sparita » 5« le bibite » sont les boissons 6« la pizza bianca »... juste de la pâte à pizza et du sel... mhhhh... encore toute chaude sortie du four... Les aventures de Milie en Italie (jour 2, soit la suite du jour 1)« Vorrei un cappuccino con un po’ di polvere di cacao ed un bicchiere d’aqua, per favore.1 »
Vous avez déjà bu un cappuccino en France ? Vous avez osé ? Moi aussi, quand la nostalgie italienne me saute à la gorge, je tente l’affaire. Et c’est toujours la même déception. En règle générale, on vous sert une tasse de café surmonté d’un champignon atomique en mousse de lait, le tout débordant de la tasse, et recouvert de poudre de cacao. Parfois, certains crétins de barman poussent le vice et la fainéantise jusqu’à remplacer la mousse de lait par de la crème chantilly. Si vous avez déjà eu affaire à ce genre de boissons chaudes, oubliez ! Ce n’est pas un cappuccino ! En Italie, le cappuccino mêle l’amertume du café à la douceur du lait, la force à l’onctuosité. Le café est recouvert d’une onctueuse couche de mousse de lait, à la fois épaisse et légère, elle ne flotte pas sur le café, non, elle repose dessus, presque elle ne s’appuie pas dessus, elle se pose, prête à s’envoler. Là, vous plongez votre cuillère dans cette crème de lait, elle est ferme et pourtant, elle ne tombe pas au fond de la tasse. Elle ne fond pas dans la bouche, non, c’est vraiment une mousse consistante. Puis, vous approchez la boisson de vos lèvres et là, dans votre bouche, se produit le mélange qui n’était que superposition dans la tasse : le lait et le café. Le café est bon, pas trop amer, le lait est chaud... Les Italiens ne respectent guère cette mousse de lait. Ils versent le sucre, mélangent avec vigueur pour que le sucre descende dans la tasse et ne reste pas en suspension sur le lait. Parfois, ils y trempent un cornetto ; parfois, non. Ils avalent le tout al banco, debout, et en 5 minutes, l’affaire est close et les voilà partis au bureau. Et moi, je suis encore là à siroter mon cappuccino...
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Gita fuori Roma2, samedi 6.09
Le Lazio est une belle région et j’en ai la preuve ce samedi en allant à Circeo avec Gioella et son cousin Davide. Circeo est un parco nazionale à 80km de Rome. Le village est situé sur un mont rocheux qui domine la mer. Davide veut nous y montrer la grotta Guattari où a été découvert un crâne d’homme de Néandertal qui semblerait prouver que l’homme de Néantherdal avait une organisation sociale structurée, reposant notamment sur des rites. Le matin, Davide me récupère à une station de métro, puis nous passons prendre Gioella chez elle, ce qui fait environ une heure de voiture. En chemin, je regarde le paysage, les différences entre la France et l’Italie et en général, quand je suis en voiture et que je suis absorbée par ce que je vois, je ne parle guère. Davide doit trouver ça étrange mais regarder et parler, je n’y arrive pas. Nous nous arrêtons donc à Nettuno chez Gioella puis à Sabaudia qui est une ville portuaire où j’avais été à la plage avec Maria et Sarah pour l’anniversaire de notre belle suédoise. Sabaudia a été construite pendant le fascisme selon « l’architecture rationaliste » qui se décompose en lignes droites parallèles ou perpendiculaires. Courbes, cercles, arcs sont bannis. L’architecture et la géométrie ne font pas toujours bon ménage... cela ressemble un peu à l’EUR (quartier au sud de Rome), les gens ont beau mettre des fleurs et faire pousser du gazon entre les cubes d’immeubles, cela reste moche. Nous continuons ensuite vers San Felice Circeo, non sans mal. Nous demandons plusieurs fois notre chemin et bien que les indications recueillies sont parfois un peu confuses, nous réussissons à rejoindre notre but. Dans le village, nous demandons à un agent de police où se trouve la grotta Guattari. Là, mauvaise nouvelle. La jeune femme (hé oui, un flic peut être une femme) nous dit que, selon elle, la grotte est fermée car l’hôtel qui est situé au-dessus est en travaux. En effet, l’accès à la grotte est permis en passant par le hall de l’hôtel. D’ailleurs, la grotte porte le nom du propriétaire de l’hôtel car c’est lui qui a, en quelque sorte, découvert la grotte par hasard. Elle nous invite à nous adresser à l’office de tourisme pour avoir plus d’informations. Malheureusement pour nous, il vient de fermer il y a un quart d’heure et n’est pas ouvert l’après-midi. On en profite, cependant, pour visiter une exposition d’art contemporain qui se tient dans la Torre dei Templari qui est juste à côté. Comme il est l’heure du pranzo3, nous reprenons la voiture pour trouver un petit coin où manger. Il y a une aire picnic avec des tables et des bancs sous les arbres un peu plus haut que le village. Chacun de nous sort son panino4 ou son tramezzino5. Les Italiens qui nous sont beaucoup mieux équipés : nappe, vin, eau, fromages, pain, pasta, c’è di tutto ! Les mamme ont tout prévu et ils ne manque rien pour le repas, les pappà ont veillé à la fraîcheur du Lambrusco, les nonni se sont apportés leurs chaises et les nonne ont sorti les coussins moelleux à mettre sous leurs fesses, et les bambini ont déjà les yeux rivés sur leurs écrans de jeux vidéos ou en train de faire mumuse avec leurs portables. Notre pranzo fini, nous votons pour une promenade digestive vers la grotta delle capre. Entre le bleu de la mer et la dureté des roches, nous marchons en plein soleil, en pleine chaleur. La grotta delle capre doit son nom au fait que des chèvres avaient coutume de s’y réfugier, et vu comme le chemin est escarpé, seul ce genre de bêtes pouvait s’y rendre ! Le volume de la grotte est très impressionnant et sans doute qu’un troupeau entier pouvait entrer. L’entrée est entre ciel et mer, face aux flots et aux vagues. Je sens qu’il y a du potentiel spéléologique dans la zone, la petite marche d’approche, comment dirait mon frère6, est un peu difficile à cause de l’étroitesse du chemin et de la présence de blocs de pierres mais rien d’insurmontable. On craint plus l’insolation et la soif que l’entorse. Nous retournons ensuite au paese7 pour tenter de percer le mystère de la grotte Guattari. Nous trouvons l’hôtel et nos craintes des travaux sont confirmés. Davide est têtu comme deux mules et il demande au vendeur de journaux, au restaurant en face si la grotte se visite. Réponse négative des deux. Il sonne à l’hôtel, un jeune homme apparaît, on pose notre question et il nous répond que la grotte ne peut pas se visiter à cause des travaux. Chiusa per causa di lavori8 ! Un peu déçus, nous repartons. L’homme de Néandertal devra attendre encore un peu pour que l’on fasse sa connaissance. Nous reprenons la voiture, Davide veut nous emmener à Ninfa qui est un jardin à l’anglaise situé aux pieds d’une chaîne montagneuse. Avant, nous nous arrêtons à l’Abbazia de Fossanova. Elle est construite sur le modèle cistercien. L’architecture y est très simple mais très belle. L’abbaye a gardé sa forme première avec les différents bâtiments qui entourent l’église où un mariage est célébré pendant que nous visitons. Nous n’y restons donc que peu de temps. On a vraiment l’impression de pénétrer dans un domaine refermé sur lui-même quand on franchit le prote d’entrée. Il règne une impression de vide et de silence dans les rues et dans les bâtiments occupés maintenant par des boutiques d’artisanat. Il y a peu de touristes, les mariés ne sont pas encore sortis de l’église et les enfants n’ont pas encore envahi les rues avec leurs cris. On a du mal à se rendre compte quelle vie pouvait régner dans ces lieux dédiés à la vie monacale. C’était d’ailleurs une vie très dure avec des horaires stricts et entièrement dédiée aux travaux manuels. Dans un des bâtiments, nous visitons le musée archéologique où différents objets du quotidien des moines au temps du moyen-âge sont exposés. Après cette étape, nous tentons de nous rendre à Ninfa. Hélàs, les panneaux d’indication sont rares, voire inexistants, dans ce pays ! C’est tout juste si on vous dit où vous êtes, alors pour savoir où vous devez aller...vaut mieux demander à un autochtone mal renseigné. Tous les chemins mènent à Rome alors pourquoi indiquer une autre direction ? En tous cas, tous les chemins ne mènent pas à Ninfa. Nous n’avons pas de cartes et nous faisons bon nombre de demi-tours et de marche arrière avant de trouver la bonne route et d’arriver à Ninfa. Manque de chance, il est 18h15 et le parc ferme à 18h ! Encore raté ! On ne peut pas dire que nous avons été très chanceux sur les horaires. Après cette déconfiture, nous prenons le chemin du retour. Nous nous arrêtons d’abord chez les grands-parents de Gioella et de Davide. Ils habitent à Anzio, une commune limitrophe à Nettuno. Dans le jardin, Davide cueille des fichi d’India9 et m’en fait goûté. Ce sont des fruits assez allongés qui poussent sur des cactus. Leurs couleurs va de l’orange au violet, la peau est épaisse et couverte de petits picots, il faut d’ailleurs prendre couteau et fourchette pour l’ôter. A l’intérieur, la pulpe du fruit est de la même couleur que la peau, la chaire est juteuse mais avec plein de gros grains. Moi, j’aime beaucoup, je n’en ai jamais vu en France et la première fois que j’en ai mangé, c’est à Rome, au tout début de mon Erasmus. Dans le Lazio, c’est un fruit assez commun. Il est courant de voir des cactus couverts de ces figues, au bord des trottoirs ou dans les jardins. Je me demande si ma mère pourrait en faire de la confiture... Nous raccompagnons ensuite Gioella a casa où sa mamma a préparé la pizza. Enfin, quand je dis « LA » comprenez « LES »... elle a dû y passer l’après-midi ! Il y en aux courgettes, aux pommes de terre (perso, je ne comprends pas qu’on puisse mettre des pommes de terre sur de la pâte. Ce serait comme faire une quiche aux patates, ça n’a pas de sens !), au jambon, à la tomate et à la mozzarella. La pâte est très fine et pas du tout sèche vu la quantité d’huile qui humidifie le tout. Je prends une part avec des courgettes et une autre avec du jambon. Elles sont toutes les deux très bonnes mais un peu trop huileuses à mon goût. Il est déjà tard et Davide et moi devons encore retourner sur Rome. Nous saluons toute la famiglia et direction ROMA. Il a la gentillesse de me déposer en bas de l’immeuble. Tant mieux car je crois que je me serais endormie dans le métro...
1« Je voudrais un cappuccino avec un peu de poudre de cacao et un verre d’eau, s’il vous plaît », le tout avec mon plus grand sourire. 2« Promenade en dehors de Rome », toujours en autotraduction. 3« il pranzo », c’est le déjeuner. A titre d’info, et histoire d’étaler ma science linguistique, le petit déjeuner se dit « la prima colazione », le goûter (ou plutôt le grignotage entre les repas, activité très répandue chez les Italiens) se dit « la merenda », si c’est un petit goûter (chacun juge la taille du goûter selon ses propres critères), on dit « la merendina » ; le repas du soir est « la cena ». 4« il panino » n’est pas forcément un truc chaud. A la base, c’est un petit pain rond (pane + suffixe diminutif -ino) fourré à plein de choses : jambon, saucisson, fromage, tomates... 5« un tramezzino » est un sandwich de forme triangulaire à base de pain de mie et de mayonnaise. Après, on met du jambon, des crudités, du thon et autres saloperies que l’on peut trouver aussi dans un casse-croûte de forme non triangulaire à base de baguette et beurre. 6Il peut m’arriver, mais assez rarement, de citer mon grand frère qui est ma référence en matière de spéléologie. J’ai d’ailleurs regretter de ne pas avoir son vice de la lampe dans la poche pour pouvoir regarder ce qu’il y avait au fond du couloir dans la grotte. 7« il paese », signifie dans ce cas « le village » 8Expression typiquement italienne. C’est souvent fermé, souvent pour cause de travaux et ça dure longtemps. 9En français, on les appelle des figues de Barbarie Les aventures de Milie en Italie (jour 1)Roma, vendredi 5.09
Roma ! Rieccomi ! J’y suis, je suis de retour. Ciao bella Roma ! Me revoilà dans la ville éternelle. Le voyage a été un peu long, 12 heures de train plus une heure de retard, autant dire que nous sommes arrivés dans les temps réglementaires ferroviaires. Pour soixante petites minutes de retard, ce n’est même pas la peine d’espérer le moindre remboursement. Le voyage a été long mais nous n’étions que quatre dans le compartiment : un couple, une dame dans la cinquantaine et moi. Évidemment, dormir convenablement dans ce genre de transport relève de l’exercice périlleux. Les couchettes sont étroites, il fait froid, tout bouge et remue... Heureusement, aucun de mes compagnons de galère ne ronfle ! Cela dit, le train reste le moyen le plus économique pour voyager, donc, on ne va pas se plaindre pour quelques heures de sommeil en moins ! Quand je suis partie de Dijon, le thermomètre peinait à afficher 15°C, à Roma, les degrés explosent et me tombent dessus comme une couverture chauffante. CALDO ! Fa’ un caldo della madonna ! Je sue par tous les pores de la peau et rapidement, je ne suis plus qu’une éponge suintante. En plus, une barre commence à prendre assise dans mon crâne et le mal de tête se fait jour petit à petit. Mais, ne nous laissons pas intimider ! Je file vers le métro B, je me prends l’abonnement semainier et je vais à Tiburtina qui est à quatre stations de Termini. Là, à la stazione, je m’offre une petite pause cappuccino, parce qu’après tout, je me la mérite... che bello, caffè, schiuma di latte per un euro... non ci credo1 ! Le ragazzo2 de Sophie, Mariano, habite à deux arrêts de bus de la station. On peut aussi y aller à pied mais vu mon bardas, je préfère jouer la fainéante et ménager la monture. Mariano a la gentillesse de m’héberger pendant mon séjour à Rome et grâce à ses indications, j’arrive sans problème à destination. Je pose mes affaires dans ce qui fut la stanza3 de Sophie quand elle était à Rome. La chambre est grande, bien meublée ; il manque un peu de lumière mais cela vient du fait qu’un des volets ne peut plus s’ouvrir. Autrement, la chambre donne sur un balcon et de là sur la via Tiburtina et les forêts d’antenne avoisinantes. L’appartement est au 6ème étage et pour la première montée, je me tape les 6 étages à pieds car je n’avais pas vu qu’il y avait un ascenseur. Je discute un peu avec Mariano puis, je m’octroie une bonne douche qui met de bonne humeur, détend les muscles et remet d’attaque. Je pars ensuite faire quelques courses puis après avoir mangé, je pars retrouver Gioella à Termini. Gioella est une de mes petites puces. Quand j’étais en Erasmus à Roma 3, nous avions un cours en commun, celui de littérature française du 19ème. C’est pendant ces cours que j’ai rencontré mes deux petites puces : Gioella et Rosaria. Elles étaient toutes les deux inscrites en première année de langues (français – anglais) et nous avions bien sympathisé pendant le semestre. J’arrive à Termini avec une demi-heure de retard... aïe, aïe, aïe, d’habitude, je suis plutôt du genre ponctuel mais en moins de trois heures, j’ai déjà pris le rythme à la romaine : le retard de moins vingt minutes n’est pas du retard. Je n’ai pas le temps de voir Gioella qu’elle m’a déjà sauté dessus. Elle est venue accompagnée d’un de ses amis, Sergio, et tous les trois, nous allons boire un coup (il fait chaud, je vous l’ai déjà dit ?) dans un bar proche de Termini. Nous faisons due chiaccherate4 tout en sirotant nos boissons. Gioella m’offre un stylo avec ailes et plumes pour mon anniversaire. Ce n’est pas très pratique pour écrire mais il sera du meilleur effet sur mon bureau. Pendant que nous papotons, la température extérieure descend un peu, ainsi que la température intérieure grâce au système de sudation corporelle. C’est merveilleux, vous transpirez et il fait moins chaud. Nous nous rendons ensuite à Roma 3 où travaille Davide, le cousin de Gioella. Sergio nous accompagne. Nous avons, facilement, réussi à le détourner de ses projets d’études en bibliothèque. Davide travaille au secrétariat d’un des UFR de lettres. Ça fait tout bizarre de revoir cette fac où j’ai passé un an d’études et qui semble si loin de mes réalités étudiantes actuelles. La facoltà di lettere di Roma 3 est dans un petit bâtiment, loin, loin du centre ville. On aurait presque dit un collège vue sa petite taille. Cela dit, en France, les édifices sont plus colossaux aussi parce que les lettres sont avec les composantes de droit, etc. Et puis, Roma 3 est un cas particulier. La Sapienza5, la première université romaine, est construite d’un seul tenant, ce qui ne signifie pas une simplification des démarches administratives par la concentration des effectifs. Davide, Sergio, Gioella et moi, nous nous asseyons dans un parc après avoir vu des restes de fouilles archéologiques dans une petite rue près de la fac. En fait, en construisant un immeuble de bureaux, on s’est rendu qu’il y avait des ruines romaines là-dessous. Du coup, une partie est visible depuis le hall car ils ont mis une plaque de verre au-dessus de ces ruines. Vers 17h, Gioella et Sergio s’en vont car ils ont un train à prendre. Ils habitent tous les deux à Nettuno qui est une ville au sud de Rome et à environ 1h30 de train. Ils font les allers-retours tous les jours car leurs familles n’ont pas les moyens de leur payer un posto letto6 ou une stanza singola à Rome. Peu de temps après arrive mon autre petite puce, Rosaria. Elle me saute également dessus. Elle a toujours le même enthousiasme de la vie et c’est un plaisir de la revoir. Elle me présente ensuite son ragazzo, Luigi, avec qui elle est depuis plus d’un an. Ils se sont mis ensemble peu avant que je quitte Rome pour retourner chez Papa – Maman. Elle me raconte leurs vacances dans le sud de la France, nous discutons un peu, puis, nous prenons tous les quatre le métro. Ils descendent à Termini tandis que je continue vers Tiburtina. Mais, je change d’avis en route et je m’arrête à Policlinico. Là, je descends et je marche un peu comme quand j’étais en Erasmus. C’est une chose que j’aimais beaucoup faire : marcher dans la ville, par la ville, à travers la ville. Etrangement, je l’ai peu fait à Paris tandis qu’à Rome, j’ai sillonné inlassablement ses rues et ses avenues, ses vie7 et ses larghi8. J’adorais me promener, flâner, errer sans savoir où j’allais. Aujourd’hui, je n’ai guère eu l’occasion de me perdre. Même si le quartier ne fait pas partie de ceux que j’ai le plus fréquenté, j’ai pu me repérer assez facilement : viale del Policlinico, Porta Pia (par où sont entrées les troupes de Garibaldi), Santa Maria in Vittoria (où se trouve l’extase de Sainte Thérèses del Bernini), Piazza della Reppubblica et Termini. Puis, de nouveau le métro et retour à Tiburtina. La première journée se termine dans la fatigue, dans la chaleur mais dans le bonheur d’avoir retrouvé Rome. Elle est toujours aussi belle, toujours aussi chaotique, toujours elle.
*** 1Traduction approximative : « que c’est beau, café, mousse de lait, le tout pour un euro, je n’y crois pas ! » 2« Ragazzo » signifie dans ce cas « le petit ami » mais peut aussi vouloir dire le « garçon » 3« La chambre », traduction de l’auteur (comme je me le joue !) 4« fare due chiaccherate », signifie « discuter, papoter, bavarder », toujours traduction de moi et je me la joue toujours. 5 A titre d’info, « la sapienza » signifie « la sagesse », non, non les Italiens ne sont pas fiers d’eux-mêmes. 6« un posto letto » est un concept qui n’existe quasiment pas en France. Quand vous louez « un posto letto », vous partagez la chambre avec quelqu’un d’autre ; contrairement à « la stanza singola » où vous la prenez juste pour vous. 7« una via » est une rue 8« un largo (dei larghi) » est un espace dans lequel on aurait pu faire « una piazza », une place, mais on ne l’a pas fait. C’est entre la grosse avenue et le carrefour. Bref, c’est un truc bâtard. September 21 véli, vélo, vélotourVous y étiez le 14 septembre ? Non ?! Vous ne faisiez pas partie des 7500 bicyclettes qui ont pris d’assaut la ville de Dijon ?! Dommage pour vous. Le 14 septembre, c’était le vélotour dans la capitale des ducs de Bourgogne. Enfourchez vos vélos, mes amis, on part à la découverte de la belle dijonnaise. Ce n’est pas une course, pas une compétition, laissez tomber les chronomètres, on s’en fout du temps qu’on met, l’importance, c’est de s’amuser et de sillonner le dedans et le dehors de notre ville. Le dehors, ce sont les rues, le dedans, ce sont les lieux insolites pour un vélo que l’on traverse. Pour un bon vélotour, je vous propose un trio infernal : la blonde, la brune, la châtain. Une Mélie qui n’a pas fait de vélo depuis 3 siècles, une Bichette toujours partante pour de nouvelles aventures qu’elles soient cyclistes ou non et une Milie fraîchement débarquée de la chaude Italie. Et attention, en vélo, on assure ! Seule la Mélie est bien équipée avec son VTT qui date du collège dont papa a fait le contrôle technique dans la semaine. La Bichette, on lui refile le VTT de Fabinou. Mon papa l’a vérifié pendant la semaine sauf que la veille de notre envolée, il se rend compte que la roue gauche est à plat. Ni une, ni deux, tout le monde sait que le Couturier est un mécano pour vélo hors pair, il démonte le pneu puis la chambre à air... il trouve le trou, une rustine, et revoilà, la Bichette sur ses roues. Sauf que le lendemain matin, on se rend compte que la selle est vachement haute et impossible de la descendre. La Milie est équipée de son vieux VTC (Vélo Tout Chemin, pour les ignares) et a un problème de guidon, il est beaucoup trop bas !! Comme on n’a pas de clés pour le remonter, alea jacta est, on y va comme ça ! Bien entendu, on a prévu le thermos de café pour la pause de 10h, le picnic pour le midi, et Bichette a même prévu la bouteille de blanc et les cookies ! On a même les kway parce que le jour d’avant, le fond de l’air était humide mais ce jour-là, le soleil était bien présent. Et même s’il faisait plutôt frais le matin, au moment du départ, les températures vont se relever et nous réchauffer. On fait partie du départ de 9h mais on part vers 9h45 et au cours du parcours, on se fait rattraper par les départs de 11h... Non, nous ne sommes pas lentes ! C’est juste qu’on prend notre temps et qu’on passe partout : le cloître des Bernardines au Musée de la Vie Bourguignonne, le studio de France Bleu Bourgogne où Mélie nous met en retard parce qu’elle retrouve un pote de fac qui y travaille, le parc Darcy où on se boit un café encore tout chaud (vive les thermos !), la Cloche (je suis rentrée dans la Cloche ! Pour les ignares, c’est le restaurant le plus cher de Dijon, et moi, j’y suis rentrée avec mon vélo !!), le parking Grangier (wfoooouuuuuu, on a descendu que 3 étages, on est pas suffisamment stupides pour se taper 5 étages à remonter !), le Crédit Agricole, et aussi plusieurs cours de lycées. Vers midi, on se pose sur une marche devant un magasin fermé, et on attaque notre déjeuner. On voit les vélos partis à 10h, à 11h, nous passer devant, et on s’en fout. On nous souhaite un bon appétit, et nous, on remercie la bouche pleine. Le vin blanc est presque encore frais et Mélie avait pensé au tire-bouchon. Y a pas à dire, nous ne sommes pas les plus rapides, mais les mieux équipées, c’est nous !! On repart ensuite pour la fin du parcours. J’ai mal aux fesses, Mélie aussi, seule Bichette ne se plaint pas ! On ne rallonge pas notre périple en faisant la boucle de 7km. Elle est facultative, alors, on l’ignore et on continue vers le parc de la Colombière d’où nous étions parties le matin. Il est à peine 15h, et nous avons fait nos 21km sans difficultés majeures. La Mélie n’en revient pas ! Elle était persuadée d’abandonner en cours de route... même pas mal ! Et le lendemain, même pas de courbatures ! C’est décidé, l’année prochaine, on y est ! Et déguisées en plus ! Eh oui, parce qu’il y a des gens déguisés, bon y en a qui se la joue pro aussi avec leurs caleçons moule-bites et leurs casques profilés pour passer dans le vent, mais nous, on l’a fait façon touriste du dimanche. Et c’était super ! Et en fait, on cherche des volontaires pour nous accompagner l’année prochaine ! Parce que l’année prochaine, faut qu’on soit 10 000 à rouler sur le pavé dijonnais !
Pour plus d’infos : www.velotour.fr September 14 Italia Nombre d'heures de train : 13H (dijon - rome avec seulement 1h de retard) + 5h (Rome - Milan avec 30 min de retard bien entendu) + 1h (milan - bergame) + 1h (Bergame - Milan) + 8h (Milan - Dijon avec une toute petite demi-heure de retard) = 28h Nombre de kilomètres à pied : beaucoup Nombre de kilomètres en métro : un peu quand même Nombre de kilomètres en voiture : environ 200 Nombre de kilomètres à cheval : zéro Nombre de kilomètres en vélo : zéro Nombre de kilomètres en tram : pas beaucoup et seulement à Milan (et aussi à Bergame, si on range le funiculaire dans les catégories des tram) Nombre de photos prises : environ 200 Nombre de cappucini bus : environ 30 Nombre de piqûres de zanzare : environ 10 par jambe Nombre de cicatrices de piqûres de zanzare qui vont mettre 2 mois à disparaître parce que j'ai gratté comme une malade : 10 par jambe Nombre de pavés romains dans le mollet : un dans chaque Nombre d'heures de sommeil par nuit : environ pas beaucoup Nombre de pages écrites dans mon petit carnet et qu'ensuite je mettrais sur mon blog : environ 20 Nombre d'heures que je vais passer devant mon PC pour taper tout ça : pas mal de temps Nombre de problèmes informatiques que je vais rencontrer pour taper tout ça : environ 3 à la seconde Oui, l'Italie, c'était beau (mais y a-t-il des gens qui en doutent encore !?). Oui, je me suis fait plaisir pendant mon séjour et oui, je vais vous raconter tout ça... d'ici quelques jours ;-) September 02 ma lenteurJ’aime quand les choses vont vite et je n’aime pas perdre mon temps. Je n’aime pas prendre mon temps pour flâner, j’ai toujours quelque chose et il faut que ça aille vite. Ce n’est pas la peine de me jeter la pierre, beaucoup sont comme moi. Nos journées sont chronométrées, réglées comme du papier à musique où chaque second compte et où nul dépassement n’est autorisé. Vite, vite, vite, pas de temps à attendre. Le mot « attendre » est banni de notre vocabulaire. Qui aime attendre au supermarché ? Personne. Et pourtant, je vous assure que vous n’attendez pas plus de quelques minutes. Qu’est-ce que 5 minutes dans une journée ? Pas grand chose, si on y regarde bien (sauf si vous avez un bus ou un train à prendre). Mais, tous autant que nous sommes, nous n’aimons pas attendre comme si notre temps nous était décompté, et que l’on devait battre des records de rapidité. Je reconnais que moi aussi, je n’aime pas attendre. Par exemple, à la poste, vous attendez forcément. Qu’il y a 10 personnes ou 2 devant vous, vous attendrez toujours au minimum 20 minutes. Pourquoi ? J’aimerais bien le savoir. Dans cette société qui va vite, et où je vais vite, il y a un truc pour lequel je bats des records de lenteur, c’est la cuisine. J’aime prendre mon temps, j’aime attendre que la tarte cuise dans le four et je dois reconnaître que je suis contre les trucs tout fait à la va-vite dont le principe serait de copier les recettes originales. Oui, je suis contre la farine à pain toute prête où il n’y a plus qu’à ajouter de l’eau. C’est pas du pain. Je suis contre les machines à pain parce que le plaisir de faire du pain, c’est de le faire soi-même. Moi, j’adore le dimanche matin, préparer mon levain, le voir gonfler dans le saladier, faire des bulles. Puis pétrir mon pain quelques heures plus tard. Et attendre. On soulève dans l’après-midi le torchon qui recouvre le pain pour en savoir où en est notre affaire. On s’interroge, « il a gonflé, non ? », on interroge maman : « t’en penses quoi ? » De nouveau, attendre. L’avantage quand on fait son pain, c’est qu’il se débrouille tout seul. Vous pouvez aller faire un tour, il va continuer de lever. Il n’a pas besoin de vous pour gonfler son volume. Enfin, en fin de journée, le mettre au four, et attendre encore qu’il lève encore, qu’il dore, qu’il cuise. Et tout à la fin, le sortir du four et attendre encore qu’il refroidisse un peu pour le couper, parce que c’est dur de couper du pain encore tout chaud. Je mets une journée pour faire une miche ou des petits pains, et j’aime ça. Ben oui, j’aime me casser le crâne à cuisiner deux heures, avec de la musique en fond, émincer, couper, râper, mouliner, écraser, tourner, évider, peler, braiser, poêler, blanchir... sortir un tas de vaisselle, transformer la cuisine en un véritable chantier juste pour un repas. Passer deux heures à préparer un menu, en espérant éviter la sanction paternelle :
Lentement, j’aime
cuisiner. Même si j’ai le chic pour faire 3 choses en même temps
dont une chose qui foire, je mets 2 heures pour cuisiner un plat,
c’est pour ça que je commence tôt. Histoire que ce soit prêt à
l’heure du repas ; histoire de ne pas tout faire à la va-vite ;
histoire de passer un bon moment ensemble autour d’un plat que
j’espère bon (enfin, « mangeable »). P.S : et en cadeau - photo, mes petits pains au pavot et au sésame (pas mal du tout)
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